Arche de Zoé: les six Français ont demandé leur transfèrement

ARCHE DE ZOE Revue de médias de jeudi matin...

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Le procès des membres de l'Arche de Zoé a été "baclé" pour beaucoup, même si d'autres le jugent "empreint de dignité et de vérité", en revanche les éditorialistes sont tous d'accord pour un verdict "sévère" qualifiant les condamnés d'"amateurs de l'action humanitaire".
Le procès des membres de l'Arche de Zoé a été "baclé" pour beaucoup, même si d'autres le jugent "empreint de dignité et de vérité", en revanche les éditorialistes sont tous d'accord pour un verdict "sévère" qualifiant les condamnés d'"amateurs de l'action humanitaire". — Pascal Guyot AFP

Les six Français de L'Arche de Zoé, condamnés mercredi au Tchad à huit ans de travaux forcés, ont tous fait dès mercredi soir une demande individuelle de transfèrement vers la France auprès des autorités consulaires françaises. Cette demande formelle, exprimée dès mercredi soir, est la première étape du processus de transfèrement en France des condamnés pour y purger leur peine, prévu par l'article 29 de la convention judiciaire franco-tchadienne de 1976.

Cet article dispose que «si l'une ou l'autre partie contractante en fait la demande, tout ressortissant de l'un des deux Etats condamnés à une peine d'emprisonnement ou à une peine plus grave sera, sous réserve de son consentement, remis aux autorités de l'Etat dont il est ressortissant».

Le ministère français de la Justice doit ensuite adresser à son tour une demande de transfèrement des six prisonniers au ministère tchadien de la Justice.

Revue de presse

Pourtant, dans une interview accordée à RTL, le ministre tchadien de la Justice, Albert Pahimmi Padacké, assure avoir reçu, avant le début du procès, une lettre écrite par Eric Breteau, le président de L'Arche de Zoé. Il y expliquerait vouloir purger sa peine au Tchad en raison des conditions de détention meilleures qu'en France.

«Bouclé en quelques jours - bâclé, serait-on tenté de dire- le procès de N'Djamena n'aura pas permis d'apprendre grand-chose», affirme Fabrice Rousselot dans «Libération». Selon le journal, «personne n'avait intérêt, peut-être, à ce que toute la vérité soit faite sur cette triste farce». En premier lieu, «pas Eric Breteau, coupable pour le moins d'amateurisme forcené», mais également le Tchad et la France. Pour le journaliste, le «verdict d'hier, sévère, sonne comme l'ultime fausse note de cet imbroglio».

Pour François Tartarin de «La Nouvelle République du Centre-Ouest», «les apparences sont sauves». Et de croire que «le Tchad entretient l'illusion d'une justice insensible à l'étau politique et diplomatique dont joue Paris à ses dépens».

La «Presse de la Manche» évoque le transfert en France des six condamnés qui «seront présentés à la justice et incarcérés, mais qu'il faudra revoir leur cas». «On pourrait d'ailleurs imaginer que la meilleure sanction serait de remplacer la prison par des années de travail d'intérêt général, au sein d'organismes humanitaires, mais sans en assumer la direction», ironise son éditorialiste, Jean Levallois.

Dans la «Charente Libre», Jacques Guyon se demande ironiquement «comment, en effet, ne pas jalouser l'étonnante célérité de cette justice tchadienne qui aura mis deux petits mois pour boucler l'enquête, l'instruction, expédier le procès et délivrer sa sentence?»

De son côté, Jacques Camus dans «La République du Centre» pense que même «illuminés, inconscients ou rêveurs» les six Français «ont été les victimes d'une justice... inhumanitaire». Revenant sur les «déclarations tonitruantes de Nicolas Sarkozy qui disait vouloir aller chercher nos ressortissants», il juge que cette «fois, le chef de l'État a raté son coup d'esbrouffe».

Seul Dominique Gerbaud, dans «La Croix», pense que le procès a été «empreint de dignité et de vérité». «La justice tchadienne n'a ni retardé le jugement, ni fait traîner les débats, ni biaisé le verdict», dit-il. Ne contestant pas la sévérité de la peine prononcée, il écrit que le «verdict, pour sévère qu'il soit, montre bien que nul n'est au-dessus de la loi».