Montigny: les parties civiles vont tenter d'obtenir un nouveau procès Dils

JUSTICE Mais il faudrait une réforme du code de procédure pénale pour cela...

Avec agence

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Les familles des victimes du double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle), pour lequel Francis Heaulme a obtenu mardi un non-lieu, ont indiqué mercredi qu'elles allaient demander un nouveau procès de Patrick Dils, acquitté il y a cinq ans dans cette affaire.
Les familles des victimes du double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle), pour lequel Francis Heaulme a obtenu mardi un non-lieu, ont indiqué mercredi qu'elles allaient demander un nouveau procès de Patrick Dils, acquitté il y a cinq ans dans cette affaire. — Jack Guez AFP/Archives

Après le non-lieu obtenu mardi par Francis Heaulme, les familles des victimes du double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle) ont indiqué mercredi qu'elles allaient demander un nouveau procès de Patrick Dils, acquitté il y a cinq ans dans cette affaire.

«A terme, les familles, parties civiles dans le dossier, vont faire une demande en révision du procès de Dils à la Cour de cassation», a précisé Me Dominique Rondu, avocat de la famille d'Alexandre Beckrich, retrouvé le 28 septembre 1986 avec Cyril Beining, le crâne fracassé à coups de pierres sur une voie ferrée à Montigny.

Problème juridique

«Mais auparavant, il nous faudra obtenir du Parlement une modification du code de procédure pénale (CPP) qui mette les droits des victimes au niveau des droits des accusés», a ajouté l'avocat messin.

Les textes n'autorisent pas aux parties civiles de demander la révision d'un procès d'assises. Seuls les condamnés disposent de ce recours lorsque apparaît un «élément nouveau» de nature à, éventuellement, les disculper.

«Pourquoi les victimes seraient-elles moins bien loties que les condamnés?», s'est interrogé Me Rondu. «Pour nous, l'élément nouveau, c'est le non-lieu dont vient de bénéficier Heaulme.»

En 1989, Patrick Dils, alors apprenti-cuisinier âgé de 16 ans, avait été condamné à la perpétuité par la cour d'assises des mineurs de la Moselle pour le double meurtre de Montigny. En 2001, il avait été une nouvelle fois condamné à vingt-cinq ans de réclusion par la cour d'assises de la Marne lors d'un procès en révision à Reims.

Mais le 24 avril 2002 à Lyon, Patrick Dils avait été acquitté par la cour d'assises du Rhône. Présentée au cours de ce troisième procès, une enquête de synthèse de la gendarmerie avait conclu que l'affaire de Montigny portait la «quasi-signature criminelle de Francis Heaulme».

 

La réaction de Patrick Dils

«Dils a été acquitté. Acquitté mais pas innocenté», a commenté Ginette Beckrich, la grand-mère du petit Alexandre, en ajoutant une nouvelle fois n'avoir «jamais cru à la culpabilité de Heaulme», qui purge une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Metz pour six autres meurtres.

Interrogé par la radio RMC Info, Patrick Dils a indiqué que «le premier qui osera remettre en doute son innocence ira tout droit au tribunal».

«Nous allons demander à être reçus par la garde des Sceaux, Rachida Dati, pour lui expliquer le problème juridique qui se pose», a expliqué Me Rondu. «Nous allons ensuite demander à deux députés (UMP) de la Moselle, Marie-Jo Zimmermann et Denis Jacquat, de rédiger une proposition de loi qui autoriserait les parties civiles à demander la révision d'un procès d'assises.»

«Si cette proposition de loi est votée par le Parlement, alors nous saisirons la Cour de cassation», a-t-il ajouté en reconnaissant qu'il s'engageait dans «un parcours du combattant».