Ce qui attend les fumeurs en 2008

Sa. C.

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Les mesures anti-tabac, souhaitées par le ministre de la Santé Xavier Bertrand pour durcir une loi Evin mal appliquée, ont été remises à des jours meilleurs par le chef du gouvernement, peu soucieux de risquer une nouvelle polémique au lendemain de la crise du CPE.
Les mesures anti-tabac, souhaitées par le ministre de la Santé Xavier Bertrand pour durcir une loi Evin mal appliquée, ont été remises à des jours meilleurs par le chef du gouvernement, peu soucieux de risquer une nouvelle polémique au lendemain de la crise du CPE. — Christophe Simon AFP
L'interdiction de fumer dans les lieux publics sera-t-elle appliquée dès le jour du Nouvel An ou la tolérance sera-t-elle de mise? Roselyne Bachelot a d’ores et déjà tranché: il sera interdit de fumer dans les bars, tabacs, restaurants, discothèques et casinos dès le 1er janvier et il n'y aura «pas de tolérance», a réaffirmé, lundi, la ministre de la Santé.

«On n'a pris personne en traître»

«Si vous rentrez de votre réveillon et que vous voulez prendre un petit noir au bistrot en bas de chez vous, s'il est ouvert, vous n'aurez pas le droit de fumer dans cet établissement», a-t-elle indiqué sur Canal+.

Interrogée sur les personnes qui seront chargées de faire appliquer la loi, la ministre a indiqué que «ce sont les agents habituels, policiers, gendarmes, médecins de santé publique, agents de salubrité da la ville de Paris». «Il n'y a pas besoin» d'effectifs supplémentaires, a précisé la ministre, soulignant que «le patron de l'établissement est garant du respect de la loi». «Le décret est prêt depuis un an, tout le monde est au courant qu'il va s'appliquer. On n'a pris personne en traître», a-t-elle rappelé.

Pas «la mission prioritaire» de la police

Du côté du syndicat de police Alliance, le ton est plus conciliant. «Tout dépendra de l’intelligence humaine devant laquelle nous nous trouverons: si un fumeur se braque et ne respecte pas nos collègues qui appliquent la loi, nous ferons preuve de fermeté, explique Frédéric Lagache, à 20minutes.fr, mercredi. Sinon, une certaine souplesse sera admise.»

Même son de cloche du côté de Synergie Officiers. «Dans un premier temps, les policiers feront de la sensibilisation. En cas de récidive, ils passeront à la verbalisation», a expliqué le commandant Mohamed Douhane, membre du bureau national, à 20minutes.fr. Il fait valoir la difficulté d'appliquer cette nouvelle loi pour deux raisons: «Tout d'abord, il sera compliqué de constater le flagrant délit. Ensuite, les gérants de bars ne tiendront pas particulièrement à recourir à la force publique pour verbaliser ses clients», fait-il valoir; Résultat: «La loi sera appliquée de façon inégale sur le territoire», prédit-il.

D'autant que la traque du fumeur récalcitrant n’est pas «la mission prioritaire» de la police. «Il n'y aura pas de brigade anti-tabac!» s'amuse Mohamed Douhane. «On a autre chose à faire, notamment de faire reculer la délinquance», souligne Frédéric Lagache.