Un TGV percute un camion : un mort

ACCIDENT Le conducteur du poids lourd n'a pas survécu, 35 personnes ont été blessées...

A.Sulzer avec AFP

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La collision entre un TGV Paris-Genève et un camion a fait un mort dans l'Ain mercredi 19 décembre 2007
La collision entre un TGV Paris-Genève et un camion a fait un mort dans l'Ain mercredi 19 décembre 2007 — AFP
C'est le huitième accident qui implique un TGV au niveau d'un passage à niveau depuis 1981. Le deuxième qui a tué. Le Paris-Genève n°6561 a percuté mercredi vers 9h30 un camion sur un passage à niveau à Tossiat (Ain), provoquant la mort du conducteur du poids lourd et blessant légérement 35 personnes parmi les voyageurs, selon la préfecture de l'Ain.

«Le camion était un convoi exceptionnel», a indiqué à l'AFP Lamine Sadoudi, responsable de la communication de la préfecture. Le camion a été coupé en deux, la cabine partant d'un côté de la voie et la remorque de l'autre. Le train, quant à lui, a déraillé mais ne s'est pas couché.

Réseau Ferré de France (RFF) a indiqué à 20minutes.fr que le passage à niveau est muni de barrières de sécurité. Mais il faisait partie des 360 jugés «préoccupants» (sur 19.000 en France) en raison de sa proximité avec un parking de poids lourds. «Il n'est pas impossible que le camion impliqué dans l'accident ait été bloqué par un autre qui le précédait», indique-t-on chez RFF. Selon les premiers témoignages, les barrières de sécurité auraient fonctionné normalement.

La responsabilité de la collision reviendrait au chauffeur du poids lourd, selon
Sophie Taupin, substitut du procureur de Bourg-en-Bresse. La hauteur de son véhicule ne lui aurait pas permis de franchir le passage à niveau.

Deux hélicoptères, une centaine de gendarmes

Le plan rouge a été déclenché. Environ 200 voyageurs du TGV ont été évacués dans des locaux de la commune de Tossiat. Une centaine de gendarmes et pompiers, assistés de deux hélicoptères, ont été dépêchés sur place.

Les voyageurs qui n'ont pas été blessés seront acheminés en autocar vers Bellegarde (Ain) où il leur sera proposé de poursuivre leur voyage vers Genève ou de repartir vers Paris, a indiqué la SNCF. Un numéro vert a été mis en place pour les familles des victimes: 0800 120 821.

Une voie classique et non pas TGV

A ce niveau de la ligne, précise RFF, le TGV circulait à 160 km/h car il s'agit d'une voie classique et non pas d'une ligne TGV.

L'accident s'est produit sur la route départementale 64 qui a été coupée dans les deux sens à la circulation au lieu dit «la Vavrette» sur la commune de Tossiat, a précisé un communiqué du Centre régional d'information routière Rhône-Alpes et Auvergne.


«On a été projeté en avant»

«Les vitres cassaient, c'était terrible», lâche très ému Anthony, un passager âgé néo-zélandais avant d'être emmené par une équipe de secours. «On a mis toute la longueur du train à s'arrêter», relate Henry Carel, attendant dans le froid vif un autocar qui doit le conduire à sa destination finale, Genève.

Assis également dans le premier wagon, Florian Jarlut a été réveillé en sursaut par le choc. «Le siège devant moi a été complètement arraché. On a été projeté en avant. Il y avait pas mal de personnes avec des blessures au nez. La première réaction c'est de se protéger la tête. Après je me suis bougé, on est allé voir si tout le monde allait bien. Les gens étaient relativement calmes. Les pompiers sont arrivés tout de suite. Je savais qu'on avait de bon secours mais là j'en suis certain. Et puis les personnes de l'usine ont assuré», raconte-t-il.

En 2006, 130 collisions se sont produites entre des véhicules et des trains sur des passages à niveau en France. 40 personnes ont été tuées, ce qui représente 1% des victimes des accidents de la route.