Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à Disneyland, l'histoire d’un vrai-faux scoop

Alice Antheaume et Raphaëlle Baillot

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La Une de Point de vue montrant Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ensemble à Disneyland Paris
La Une de Point de vue montrant Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ensemble à Disneyland Paris — DR

Les photos de Carla Bruni et de Nicolas Sarkozy assistant à la parade de Noël du parc d’attractions paraîtront mercredi dans les hebdomadaires «Point de vue», «Paris Match» et «Closer». Ces clichés n’ont pas été volés, mais saisis par une dizaine de photographes au milieu des touristes au cours d’une séance de photos «tolérée» par le Président, euphémise Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express. Chez Eurodisney, on refuse de commenter tout ce qui concerne l’organisation éventuelle de la séance photos. «C’était une visite privée», explique la direction.

Plan de communication? Opération marketing?
Pourtant, une fois de plus, le people fait son irruption dans la vie politique. Que le chef de l’Etat accepte de rendre public ce pan de sa vie n’est pas anodin: «il faut se poser la question de l’utilisation politique de ces photos par Nicolas Sarkozy. Avec lui, on sait que rien n’est innocent sur le plan de la communication», souligne Christophe Barbier.

Comment expliquer, alors, la présence de la dizaine de photographes sur place? Pour le paparazzi Pascal Rostain, c’est simple: «Carla Bruni est elle-même suivie par des paparazzi. Et samedi, le président est venu la chercher chez elle avec son cortège présidentiel, puis ils ont pris l’autoroute. Les photographes qui les suivaient ont vu des enfants à bord des voitures et se sont donc douté qu’ils iraient à Eurodisney.»

Dimanche soir, c’est le site de L’Express qui, le premier, publie l’histoire assortie d’une seule photo: celle de la couverture à paraître dans «Point de Vue» mercredi.

Pas d’exclusivité
Bizarre, cependant, que trois magazines prévoient de publier ces photos quand, d’ordinaire, ce genre de scoop ne fait pas l’objet de partage. «Une fois en boîte, les photos ont été proposées à Point de vue, Match et Closer. C’est le premier de ces trois hebdomadaires qui a fait preuve d’une plus grande réactivité en achetant, tout de suite, et pour 20.000 euros, toute une série de clichés que vous verrez ce mercredi, en kiosque», raconte Renaud Revel, de «L’Express».

Quant à «Closer», qui aurait pu «négocier l’exclusivité de ce reportage à condition de le payer au prix fort (au-delà des 80.000 euros), il n’aurait pas voulu casser sa tirelire». Pourquoi? Parce que les badauds présents ce samedi à Eurodisney auraient pu prendre des photos du couple avec leur téléphone portable et les balancer sur le Net entre-temps, ce qui, forcément, aurait mis le (coûteux) scoop à l’eau.

Photos amateurs achetées
Ce lundi après-midi, toujours aucune photo ni vidéo de l’affaire n’a été postée en ligne par un internaute. Et pour cause: Pascal Rostain, photographe, a racheté quelques-unes de celles prises par les amateurs présents lors de la parade chez Mickey. Pour éviter les fuites, «je leur fais signer un contrat et leur garantis 25% sur les ventes», dit-il.

A «Paris Match», la rédaction aurait hésité selon nos informations à acheter les photos prises samedi de peur de se faire «l’écho de la communication de Nicolas Sarkozy» et de passer pour «l’organe de presse du pouvoir».

Selon Renaud Revel, l’hebdo aurait déboursé 40.000 euros pour une autre série de photos, et aurait souhaité organiser une séance de photos privée avec le couple. On ne sait pas si cette séance a eu lieu car la direction de Paris Match, sollicitée par 20 Minutes, n’a pas souhaité faire de déclaration. «On est en plein bouclage», a-t-elle expliqué.