Surirradiés d'Epinal: «erreur» dans les temps de traitement jusqu'en 2000

SANTE Une nouvelle expertise...

D'après AFP
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Une avance de 10.000 euros va être versée à cinq cents des patients irradiés de l'hopital d'Epinal avant Noël, a annoncé la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, dans un entretien publié vendredi par Aujourd'Hui en France/Le Parisien.
Une avance de 10.000 euros va être versée à cinq cents des patients irradiés de l'hopital d'Epinal avant Noël, a annoncé la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, dans un entretien publié vendredi par Aujourd'Hui en France/Le Parisien. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

Une erreur qui a duré treize ans. Une nouvelle expertise a mis en évidence «une erreur systématique de calcul des temps de traitements» dans le service de radiothérapie de l'hôpital d'Epinal de septembre 1987 à juillet 2000. Elle concernerait plus de 4.000 patients.


Cette «erreur systématique concerne tous les types de cancer traités sauf les cancers du sein» et elle est «indépendante de la localisation de la tumeur», mais elle n'a pas été commise «pour les traitements de cobaltothérapie», a indiqué lundi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui a conduit l’expertise. Apparue en septembre 1987, elle a été corrigée en juillet 2000.


312 nouveaux cas à 7%


Cette erreur, à l'origine de quelque 300 nouveaux cas de surdosage d'environ 7%, avait été révélée le 7 septembre par l'Autorité de sûreté nucléaire. C'était alors le troisième type d'erreur reproché au Centre hospitalier Jean Monnet d'Epinal après l'annonce d'un grave accident de radiothérapie intervenu en 2004/2005 (24 patients) et un surdosage de 8% chez environ 400 patients lors de radiothérapie du cancer de la prostate de 2001 à 2006.


D'après cette troisième expertise de l'IRSN, selon la puissance des accélérateurs utilisés pour la radiothérapie entre 1987 et 2000, la surexposition est comprise entre 3% et 7,1% pour les plus de quatre mille patients traités. 312 patients traités entre mi-1999 et juillet 2000 en utilisant l'accélérateur le plus puissant ont subi un surdosage de 7,1%.


120 patients à risque


Parmi ces malades, 194 seraient encore en vie d'après l'hôpital, dont 120 «présenteraient un risque potentiel de développer des complications secondaires plus ou moins graves de leur radiothérapie». L'IRSN a recommandé qu'ils «soient convoqués en priorité pour faire l'objet d'une évaluation clinique spécialisée», voire si nécessaire d'une prise en charge médicale.


En ce qui concerne les patients surdosés à 5,5%, «le panel d'experts ne recommande pas dans un premier temps d'engager une réévaluation dosimétrique et clinique systématique», selon l'IRSN. Cette position pourrait être revue lorsque le taux de complications parmi les patients surdosés à 7,1% sera mieux connu.


Aucune action particulière n'est recommandée pour les patients surdosés à 3%.