Procès Colonna: la cour d'assises sur les lieux de l'assassinat

D'après AFP

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La cour d'assises spéciale de Paris, en déplacement en Corse dimanche dans le cadre du procès d'Yvan Colonna, est arrivée sur les lieux de l'assassinat du préfet Erignac, à la tombée de la nuit, comme prévu, a constaté un journaliste de l'AFP.
La cour d'assises spéciale de Paris, en déplacement en Corse dimanche dans le cadre du procès d'Yvan Colonna, est arrivée sur les lieux de l'assassinat du préfet Erignac, à la tombée de la nuit, comme prévu, a constaté un journaliste de l'AFP. — stephan agostini AFP

La cour d'assises spéciale de Paris, en déplacement en Corse dimanche dans le cadre du procès d'Yvan Colonna, s'est offert dimanche une audience à ciel ouvert le long du golfe d'Ajaccio, sur les lieux de l'assassinat du préfet Erignac, à la tombée de la nuit. Un déplacement qui a ébranlé les thèses de l'accusation, a claironné la défense, tandis que les parties civiles les voyaient au contraire "confortées"

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Jogging noir, tennis blanches, menottes au poignets, Yvan Colonna a posé pour la première fois le pied sur son île depuis son arrestation il y a plus de quatre ans. Il était venu dans le même Transall que l'ensemble de la cour -les sept juges, les avocats et les avocats généraux, assistés de photographes et d'un balisticien-.

Tandis qu'un hélicoptère tournait au dessus de la baie d'Ajaccio, le convoi transportant la cour a entamé les repérages qu'elle souhaitait faire, dans des conditions d'éclairage à peu près identiques à celles qui prévalaient le soir de l'assassinat, le 6 février 1998. L'opération s'est achevée vers 19h15.

Huis-clos respecté

L'accès aux lieux a été obstrué par des cars de CRS, garés perpendiculairement au cours Napoléon, face aux barrières métalliques devant lesquelles s'étaient massés journalistes et badauds. L'objectif était de leur boucher la vue et de faire respecter le huis-clos demandé par la justice.

Ce mouvement a découragé les derniers curieux qui se sont peu à peu retirés, alors que certains tentaient de convaincre les journalistes de les interviewer pour dénoncer "le blocus" dont ils se disaient victimes, "la honte pour la France d'empêcher ses citoyens de circuler librement et de sortir de leurs appartements".

Les avocats des deux parties se félicitent

La défense voulait prouver qu'il ne pouvait y avoir eu que deux hommes sur le lieu même du drame, à savoir Pierre Alessandri et Alain Ferrandi qui ont déjà avoué leur présence, ce qui exclurait donc celle d'Yvan Colonna. Pari gagné pour Me Garbarini selon qui «la thèse de l'accusation paraît assez ébranlée» puisque la visite a montré «que les personnes sur le trottoir et dans la rue étaient obligatoirement vues par les témoins».
   
«Pas du tout», rétorque Me Benoît Chabert, avocat des parties civiles, «le troisième peut parfaitement être un peu plus loin à gauche, il peut être caché. Cela confirme le fait qu'il y avait bien trois hommes et cela infirme totalement la thèse de la défense».


Un bref passage à la gendarmerie de Pietrosella

Les gros projecteurs destinés à éblouir les preneurs d'images qui auraient pu être en embuscade dans des appartements de la rue Colonel Colonna D'Ornano, où Claude Erignac avait été tué, n'ont pas été mis en batterie. En revanche, des projecteurs plus petits balayaient à intervalles réguliers les façades, à la recherche de contrevenants.

Avant Ajaccio, la cour a fait un bref passage à la gendarmerie de Pietrosella, dans le sud du golfe d'Ajaccio (Corse-du-Sud). C'est là qu'avait été volée, lors d'une attaque en septembre 1997, l'arme ayant servi à tuer le préfet cinq mois plus tard.