Sarkozy accusé de jouer l'opinion contre les juges

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Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a reporté mardi sa décision sur les poursuites disciplinaires contre le juge Renaud van Ruymbeke pour son action en marge de l'affaire Clearstream, jusqu'à la fin de cette procédure toujours à l'instruction.
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a reporté mardi sa décision sur les poursuites disciplinaires contre le juge Renaud van Ruymbeke pour son action en marge de l'affaire Clearstream, jusqu'à la fin de cette procédure toujours à l'instruction. — Bertrand Guay AFP/Archives

Le juge Renaud van Ruymbeke accuse le président Nicolas Sarkozy de jouer l'opinion contre les juges, commettant ainsi «une erreur majeure», dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD).

«Par exemple, explique-t-il, il est surprenant que le président de la République, garant de l'indépendance de la justice et président du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), ait pu tenir des propos désobligeants à l'égard des hauts magistrats comparés à des “petits pois”», ajoute-t-il.

Discréditer la justice

En novembre, le CSM, organe disciplinaire de la magistrature, a reporté sa décision sur les poursuites engagées contre le juge van Ruymbeke pour son action en marge de l'affaire Clearstream.

En mai 2006, le garde des Sceaux d'alors, Pascal Clément, avait demandé une enquête sur l'action du juge et décidé en février 2007 de le renvoyer devant le CSM. Le ministre considérait notamment qu'il avait manqué «aux obligations de prudence et de rigueur» pour avoir rencontré, hors de tout cadre procédural, Jean-Louis Gergorin, ancien dirigeant d'EADS, corbeau de l'affaire Clearstream.

«Au-delà de mon cas personnel, il apparaît qu'on cherche à discréditer la justice financière, qui dérange. Il existe indiscutablement une volonté de reprise une main de la justice, par le biais notamment des procureurs», estime le juge.