Procès Colonna: transport en Corse de la cour d'assises spéciale

JUSTICE C'est sous haute protection judiciaire que le procès...

Avec agence

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La cour d'assises spéciale qui juge Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Claude Erignac se rend en Corse ce dimanche, sous haute protection, pour observer à huis-clos si les témoignages et les théories de l'accusation comme de la défense collent à la géographie des lieux du drame.
La cour d'assises spéciale qui juge Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Claude Erignac se rend en Corse ce dimanche, sous haute protection, pour observer à huis-clos si les témoignages et les théories de l'accusation comme de la défense collent à la géographie des lieux du drame. — Michel Gangné AFP

La cour d'assises spéciale qui juge Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Claude Erignac est arrivé en Corse ce dimanche midi, sous haute protection. But du voyage: observer à huis-clos si les témoignages et les théories de l'accusation comme de la défense collent à la géographie des lieux du drame.

Après quatre semaines d'audience, les avocats de l'accusé ont obtenu cet onéreux «transport sur les lieux», au risque de paraître tenter un coup de poker après une série de témoignages peu favorables au berger nationaliste de 47 ans.

Transportés par l'armée

C'est donc dans le même avion, un Transall de l'armée que les sept juges de la cour, les avocats des parties civiles et de la défense, les deux avocats généraux et l'accusé, menotté et protégé par un gilet pare-balles, ont embarqué dimanche matin à Villacoublay, près de Paris.

La cour est assistée par le chef des sections techniques de recherche et d'investigations de l'identité judiciaire, accompagné de deux photographes et d'un balisticien de la police scientifique. Ni la veuve du préfet, ni ses deux enfants, n'ont souhaité être du voyage.

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La cour s'estt d'abord se rendre à la gendarmerie de Pietrosella, cible d'une attaque en septembre 1997, dont Yvan Colonna est également accusé. Puis, une fois la nuit tombée, elle s'est déplacée à Ajaccio, jusqu'à la rue Colonel Colonna d'Ornano où le préfet a été abattu sur le trottoir de trois balles dans la nuque, alors qu'il se rendait au théâtre.

Un déplacement à huis-clos

Même si juges et avocats ne portent pas leurs robes, ce «transport sur les lieux» signifie que c'est la cour elle-même qui se déplace, avec les mêmes interdictions de filmer ou d'enregistrer qu'au palais de justice, sous peine d'amendes. Le président Dominique Coujard a de plus décrété le huis-clos.

Pour tenir à l'écart la presse et le public, mais aussi assurer la sécurité du vol et du transfèrement de l'accusé depuis la maison d'arrêt parisienne de la Santé, un peu plus de 500 policiers et gendarmes sont mobilisés, avec la participation du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) et du Raid (Recherche, assistance, intervention, dissuasion). A Ajaccio, un vaste périmètre de sécurité doit tenir à l'écart curieux et photographes, dont les objectifs seront éblouis par de puissants projecteurs.

Une simple visite

La cour procède à une simple visite, et non pas à une reconstitution, qui serait d'ailleurs difficile à Pietrosella, où la gendarmerie est neuve puisque l'attentat avait soufflé la précédente, tandis qu'à Ajaccio, le soir du drame, un échafaudage masquait partiellement la vue des témoins. Yvan Colonna, qui nie toute participation aux faits, gardera une «position d'observateur», ont dit ses avocats.

Ils espèrent notamment convaincre les juges que, contrairement à certains témoignages, il ne pouvait y avoir que deux personnes sur les lieux de l'assassinat, à savoir Pierre Alessandri et Alain Ferrandi qui ont déjà avoué leur présence, ce qui exclurait donc celle de l'accusé.