Claude Guéant nie avoir tenté d'influencer Roger Marion au procès Colonna

JUSTICE Les avocats de la défense soupçonnent une subordination de témoin...

Avec agence

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Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a nié vendredi avoir tenté d'influencer le témoignage de l'ancien chef de la police antiterroriste Roger Marion, témoin au procès d'Yvan Colonna.

Il était cité devant la cour d'assises spéciale de Paris par la défense d'Yvan Colonna, accusé d'avoir assassiné le préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998. «Je subodore une subornation de témoin», a lancé Me Antoine Sollacaro, l'un des quatre avocats d'Yvan Colonna.

Un soupçon de subordination de témoin

«Je n'ai en aucune façon influencé le témoin», a répliqué le responsable politique, soulignant que cette rencontre de 20 minutes avait eu lieu le 19 octobre, et que le procès du berger corse n'y avait été que brièvement évoqué, en fin d'entretien, sans aborder le fond.

Les avocats de l'accusé citaient un article de l'hebdomadaire «Le Point», daté du 8 novembre, affirmant que Claude Guéant avait convoqué à l'Elysée l'ancien chef de la division nationale antiterroriste (DNAT), lequel a déposé à ce titre au procès Colonna.

Des menaces sur le portable de Roger Marion

Roger Marion, aujourd'hui préfet hors-cadre, avait pris rendez-vous via «mon secrétariat», parce qu'il «était ému par des menaces qui lui étaient parvenues sur sa messagerie de portable, qu'il considérait sérieuses et dont la voix était marquée de l'accent corse», a expliqué le secrétaire général de l'Elysée, précisant que Roger Marion n'avait pas souhaité porté plainte.

Le secrétaire général de l'Elysée a estimé qu'il s'agissait là d'une «demande tout à fait naturelle» et qu'il n'y avait «rien de suspect ni d'anormal» à recevoir un «ancien collaborateur» dont il a vanté «le remarquable travail de policier».