A Villiers-le-Bel, on vote dimanche

LEGISLATIVE PARTIELLE Qui remplacera le député sortant Dominique Strauss-Kahn?

Alexandre Sulzer

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Le Français Dominique Strauss-Kahn, grand favori à la direction du Fonds monétaire international (FMI), est auditionné jeudi par les administrateurs de l'institution, deux jours après son rival tchèque Josef Tosovsky.
Le Français Dominique Strauss-Kahn, grand favori à la direction du Fonds monétaire international (FMI), est auditionné jeudi par les administrateurs de l'institution, deux jours après son rival tchèque Josef Tosovsky. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

Hasard du calendrier, les habitants de Villiers-le-Bel sont invités à élire un nouveau député dimanche, tout juste deux semaines après la flambée de violence urbaine. La 8e circonscription du Val d'Oise (qui recouvre également Garges-lès-Gonnesse et le nord-est de Sarcelles) doit en effet se trouver un parlementaire pour remplacer Dominique Strauss-Kahn, devenu depuis juin directeur du FMI.

Dans le rôle du dauphin, le socialiste François Pupponi, actuel maire de Sarcelles et dans celui de la challengeuse Sylvie Noachovitch, ancienne avocate star de TF1 et RTL, qui porte les couleurs de l'UMP. François Pupponi, qui se veut le «porte-parole des banlieues», assure qu'en dehors de Villiers-le-Bel, les violences n'ont rien changé. Mais dans cette commune, sous le feu des projecteurs plusieurs nuits consécutives, «la donne a changé», admet-il. «Je crains une radicalisation de l'électorat dans un sens plus sécuritaire qui profitera à l'extrême droite (4% des voix au premier tour du 10 juin)», explique-t-il. «A l'inverse, les électeurs peuvent décider de rejeter violemment la politique de Nicolas Sarkozy. Ce qui pourrait me profiter».

«Une vie bouleversée»

«Les électeurs ont vu leur vie bouleversée», confirme Francis Parny, le candidat communiste (3,57% des voix le 10 juin). «Il est donc indigne de les solliciter» estime celui qui a demandé au préfet le report d'un mois du scrutin. En vain. Il craint désormais un fort taux d'abstention, «l'ennemi numéro un pour une partielle».

«Ce report aurait été une prime aux casseurs», rétorque François Pupponi pour qui Nicolas Sarkozy n'a pas su trouver les mots pour apaiser la population. «Dire qu'il n'y a pas de problèmes sociaux et que les violences ne sont liées qu'à la voyoucratie a choqué. Ainsi que l'absence du président de la République qui n'est pas venu voir les habitants alors qu'il voyage aux quatre coins de la planète», observe le candidat de gauche. «Et puis, la police qui propose de l'argent pour obtenir des dénonciations. Comme si les gens d'ici n'étaient pas assez honnêtes pour être de bons citoyens!»

Sylvie Noachovitch «sent un terrain très favorable»

Une exaspération que la candidate de l'UMP (44,53% des voix au second tour des législatives) dit ne pas avoir ressentie. «L'accueil est chaleureux, l'espoir est retrouvé alors que les violences ont été stoppées en 48h», raconte-t-elle. «Avant d'être UMP, je suis Sylvie Noachovitch, les gens savent que je suis intègre.» La candidate de la majorité présidentielle dit ne pas avoir eu de problèmes à faire campagne. Et refuse toute instrumentalisation des violences: «Je ne me suis pas fait prendre en photo avec Michèle Alliot-Marie quand elle est venue. J'ai agi dans l'ombre en rendant visite aux commerçants et aux personnes âgées.» Et aux jeunes? «Ils mettent tous les politiciens dans le même sac, ils m'ont parlé de leur haine de la police», répond-elle. Ce qui ne l'empêche pas de s'enthousiasmer: «je sens un terrain très favorable, je ne vous le cache pas.»

Plus prudent, François Pupponi pense que rien n'est joué. Mais dans une circonscription où Dominique Strauss-Kahn l'avait emporté avec 53,42% des voix, il reste confiant. «Si les deux camps se mobilisent en masse dimanche, la gauche passe.»