«Ça pourra peut-être vous tranquilliser, vous n'avez pas été balancé»

JUSTICE Au 20e jour du procès, Christan Lambert, le patron du Raid, affirme qu'Yvan Colonna n'a pas été dénoncé par un informateur...

Avec agence

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"J'étais complètement déstabilisée": en termes identiques, la compagne et l'épouse de deux complices présumés d'Yvan Colonna ont peiné jeudi pour expliquer leurs revirements après avoir mis en cause le berger corse durant l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac à Ajaccio.
"J'étais complètement déstabilisée": en termes identiques, la compagne et l'épouse de deux complices présumés d'Yvan Colonna ont peiné jeudi pour expliquer leurs revirements après avoir mis en cause le berger corse durant l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac à Ajaccio. — Benoit Pyrucq AFP/Archives

Au 20e jour du procès Colonna, Christan Lambert, le patron du Raid a tenu à mettre les points sur les i: le berger corse n’a pas été dénoncé par un informateur.

«Ça pourra peut-être vous tranquilliser, vous n'avez pas été balancé», a déclaré vendredi Christan Lambert, devant la cour spéciale de Paris, en s'adressant à Yvan Colonna. «Ah, ça, sûrement pas !» a répondu du tac au tac le berger corse, arrêté le 4 juillet 2003 par cette unité d'élite de la police dans une bergerie isolée du maquis corse, près de Propriano, après quatre ans de fuite.

Le chef du Raid entendait ainsi couper court aux affirmations d’un livre soutenant que c'est Christian Casanova, un policier corse du raid, qui a obtenu l'information décisive pour la capture du berger corse moyennant une rémunération à son indicateur de 300.000 euros. «Il n'y a pas eu de renseignement qui m'ait amené plus rapidement à M. Colonna,» a-t-il ajouté. Yvan Colonna s'est alors encore levé et lui a fait remarquer que le policier Christian Casanova était présent à son arrestation.

Disparition de documents

Après qu'il ait été maîtrisé et plaqué au sol sur un chemin du maquis où il tentait de fuir, Yvan Colonna a raconté avoir vu venir un officier du Raid qui s'est présenté. «Il m'a dit : 'qui tu es ?' Je lui ai répondu : 'je suis Yvan Colonna'. Casanova m'a parlé en corse et l'officier a dit 'ici, vous parlez pas corse'», a raconté l'accusé.

Christian Lambert a aussi dit ne pas pouvoir répondre sur une autre allégation de presse selon laquelle le Raid aurait détruit des documents relatifs au berger de Cargèse après son arrestation. «Je n'ai jamais été informé de la disparition de documents.»