Au Metropolis, les pas de tecktonik d'abord, le look après

L. de C.

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Ambiance coups de coudes fluo, sur fond de musique électro. 1 h du matin : les « battles » s'enchaînent.

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Jérémy, 18 ans, mécanicien à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), membre de la « team » Maniacktek, enroule ses bras autour de sa tête et sautille avec brio, face à Pat, même âge, de la team Dragontek. Une fois par mois, 8 000 fêtards se retrouvent au Metropolis de Rungis (Val-de-Marne) pour la soirée « TCK Killer ». Certains s'affrontent, d'autres s'éclatent. Crêtes à gogo, piercings jaune fluo, bandes roses autour du poignet et marcels noirs : les tecktoniciens n'ont peur de rien... même s'ils n'assument pas toujours leur look à l'extérieur. « Je viens du 9-3, pas question que je sorte habillé comme ça, sinon je me fais traiter de «Tecktonik man» ou de «gay» », reconnaît Ben, tombé récemment dans la tecktonik «pour l'esprit communautaire du mouvement».


Tecktonik Killer au Metropolis
envoyé par radiofg

En coulisses, une autre bataille se trame : entre les «pros», déjà là en 2000, et les «amateurs», arrivés en même temps que les caméras de télé. «Les nouveaux croient que c'est grâce aux fringues qu'ils vont savoir danser. La marque TCK, c'est pour les débutants !», hurle Cédric, 17 ans. Apprenti coiffeur, il investit pourtant «600 euros par saison en pantalons slims, ceintures voyantes de marques et crêtes».

Tout à coup, la boîte est plongée dans le noir. La musique de «Carmina burana» explose dans les oreilles, pour le rituel de «l'ouverture». Des milliers de bras se tournent alors vers l'immense scène, les spotlights tournoient, et le DJ lance «le cri de la communauté tecktonik» - une sorte de hou hou repris par tous. La danse reprend encore plus frénétiquement, les bras ondulent, les fronts transpirent. «Il y a un peu d'ecstasy, mais c'est assez contrôlé», estime un jeune. Joan, 17 ans (l'âge limite pour rentrer dans la boîte), craint plus la dérive merchandising que la drogue. « Si le phénomène devient mondial, trop de gens vont partir dans la mode TCK pour faire genre, alors qu'on est bien entre nous. » Un petit monde de banlieue, la tecktonik ?