Ce que l'on sait pour l'instant sur l'explosion du colis piégé: le point dimanche à 15h

ATTENTAT Tout comprendre sur ce qui s'est passé au 52 bd Malesherbes...

20 Minutes

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Boulevard Malesherbes, à Paris.
Boulevard Malesherbes, à Paris. — Google map

Un colis piégé a explosé bd Malesherbes ce jeudi midi, faisant une victime. Que s'est-il passé? 20minutes.fr fait le point, dimanche à 15h.

Où en est l'enquête?
L'homme placé en garde à vue jeudi soir, a été libéré samedi soir. Il s'agit d'un architecte de 45 ans. Il avait bénéficié d'un non lieu, en 2005, à la suite d'une plainte pour harcèlement déposée par l'avocate, Me Catherine Gouet-Jenselme, une des membres du cabint visé. Selon le JDD, un mot accompagnait le colis, sur lequel était inscrit: «en souvenir d'une affaire immobilière complexe».

Qui a déposé le colis?
C'est un des enjeux de l'enquête... et aussi sa première inconnue. La police est actuellement à la recherche de la coursière, une femme brune mesurant entre 1,50 et 1,60 m.

Qui avait-il dans le colis?
Toujours selon le JDD, le colis était composé de trois sacs de couleurs doré, argent et noir. Il contenait un ballot de chocolat, une bouteille de champagne et une caissette de bois dans laquelle se trouvait l'exposif.

Qui était le destinataire du paquet?
Question essentielle. La caissette en bois livrée par un coursier était adressée nominativement à Me Catherine Gouet-Jenselme ainsi qu'à Me Olivier Brane, grièvement blessé dans l'explosion, a appris vendredi 20minute.fr de source judiciaire.

Où a explosé le colis?
Un colis piégé a explosé à 12h50 dans le hall du cabinet de Me Catherine Gouet-Jenselme, au 4e étage du 52 bd Malesherbes à Paris (8e). L'explosion a eu lieu quand un colis, déposé à une heure encore indéterminée, a été ouvert par une secrétaire.

Qui sont les victimes?
L'explosion a fait un mort , une secrétaire de 74 ans, et dix blessés, dont un grave, Me Olivier Brane. Selon le bâtonnier de Paris, c'est l'assistante de l'avocat Olivier Brane qui est décédée «sur le coup». L'avocat, spécialiste en droit des affaires et droit immobilier, est lui aussi gravement touché. Il a été transporté à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière dans le 5e arrondissement de la capitale.

Le cabinet d’avocats cofondé par Sarkozy était-il visé?
Cette hypothèse a été écartée par le procureur de Paris, Jean-Claude Marin. «Il y a une telle différence entre le cabinet (Arnaud Claude et associés, cofondé par Nicolas Sarkozy, ndlr) et le lieu des faits qu'il n'y a aucun rapport», a-t-il dit sur place à la presse. L'ancien cabinet est en effet situé au premier étage de l'immeuble. La Fondation pour la mémoire de la Shoah est aussi située à la même adresse. Selon Serge Klarsfeld, son vice-président, la Fondation n'était «vraisemblablement pas» visée. «Il n'y a jamais eu de menace», a-t-il dit à 20minutes.fr. «Les circonstances même: un colis adressé à un destinataire qui arrive dans un bureau, il ne peut pas y avoir d'erreur», a-t-il ajouté.

Quelles pistes?
L'avocate présumée visée ne s'occupe pas d'affaires sensibles, mais plutôt de conflits d'assurances, d'affaires de divorce et immobilières. «En général, ce sont plutôt les avocats pénalistes qui sont visés par des actions violentes dans notre métier», explique un avocat travaillant non loin du lieu de l'explosion. Olivier Brane est, quant à lui, expert de l'Ifeji, l'Institut français d'experts juridiques internationaux, qui relaie des appels d'offres d'expertises émanant de nombreux pays ou instances internationales comme la Commission européenne, des institutions financières internationales comme la Banque mondiale, et autres organismes multilatéraux et bilatéraux de développement. Contacté par «20 Minutes», l'Ifeji n'était pas en mesure de dire sur quels appels d'offres travaille Olivier Brane. Jean-Claude Marin a donc jugé «incompréhensible» que le cabinet soit visé.

Selon France 3, Me Gouet-Jenselme était victime d'«harcèlement en vue d'obtenir des faveurs sexuelles» depuis janvier 2005. Une plainte avait été déposée et une enquête ouverte en juin. Selon la chaîne publique, le règlement de compte personnel serait donc la «piste privilégiée». Une information que le parquet juge «bien trop prématurée», même s'il confirme le dépôt de plainte.

Des ex-salariés d'Air Afrique estiment, quant à eux, que la piste «d'un attentat crapuleux» ne doit pas être écartée. En effet, Me Brane est l'avocat de 1.200 d'entre eux qui considèrent avoir été licenciés «abusivement». Le parquet de Paris n'était pas au courant jeudi soir de cette piste.

Quant à la rumeur selon laquelle un avocat impliqué dans l'affaire Colonna travaillait dans ce cabinet, elle semble complètement infondée.

Quelles mesures ont été prises?
Une enquête a été confiée à la section anti-terroriste de la brigade criminelle. Le périmètre de sécurité instauré dans le secteur a été levé à 18h. Les enquêteurs souhaitent retrouver, selon «Lepoint.fr», une coursière «brune, la vingtaine, d'un mètre cinquante-cinq et portant un casque». «Une personne de type nord-africain», a précisé un enquêteur.