Le mouvement anti-Pécresse reprend un peu du poil de la bête

EDUCATION Le point sur la mobilisation contre la réforme de l'université ce mardi...

avec AFP

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Une dizaine de lycées parisiens ont été perturbés mardi matin et le site de Tolbiac de Paris I était bloqué lors d'une journée d'actions prévue dans le cadre du mouvement étudiant et lycéen de contestation de la loi Pécresse, a-t-on appris auprès du rectorat de Paris.
Une dizaine de lycées parisiens ont été perturbés mardi matin et le site de Tolbiac de Paris I était bloqué lors d'une journée d'actions prévue dans le cadre du mouvement étudiant et lycéen de contestation de la loi Pécresse, a-t-on appris auprès du rectorat de Paris. — Patrick Kovarik AFP/Archives
Le mouvement de contestation de la loi Pécresse, entré dans sa cinquième semaine avec un certain essoufflement, a connu un léger sursaut ce mardi avec la reconduction de certains blocages d'université et plusieurs manifestations, peu nombreuses cependant, dans toute la France. Si certains sites universitaires ont été débloqués mardi, comme Toulouse III, Caen, ou Lyon II, d'autres ont poursuivi le blocage, comme Nancy II, Pau, Limoges ou Poitiers.

Selon un décompte effectué par les bureaux régionaux de l'AFP, le fonctionnement de 27 sites universitaires, contre une quinzaine la veille, était perturbé, dont 17 par des blocages plus ou moins importants et 4 étaient fermés. Le ministère de l'Enseignement supérieur a fait état de «15 sites universitaires perturbés à des degrés divers».

9.585 manifestants en province et à Paris

Ce sursaut s'explique par le fait que la coordination nationale étudiante, qui représente les étudiants les plus radicaux, réclamant l'abrogation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, appelait à une journée d'action et de mobilisation. Des manifestations d'étudiants et lycéens ont ainsi réuni au moins 9.585 manifestants, selon les chiffres de la police, recueillis par l'AFP en province et à Paris.


A Paris, 600 à 800 personnes, selon la Coordination nationale étudiante, 600 selon la préfecture de police, ont défilé sans incident entre la place de la République et celle de la Bastille, regroupés derrière une banderole proclamant «lycéens contre la LRU».
Le site universitaire de Paris IV Clignancourt a été quant à lui brièvement bloqué dans la matinée avant d'être évacué par les forces de l'ordre. Les cours y ont repris. Paris III-Censier a été «en partie débloqué» et 500 étudiants étaient réunis en AG, de même source. A la Sorbonne (Paris IV, Paris I et Paris III), une AG a eu lieu à 12h.

A Orléans, le blocage total de la faculté de lettres et langues entamé le 15 novembre a été levé en AG. Les étudiants ont décidé un blocage sélectif, limité aux jours de grève ou de manifestation.

A Lyon, entre 600 étudiants et lycéens, selon la police, et 2.000, selon les organisateurs, ont manifesté. Au milieu du cortège, les lycéens étaient nettement moins nombreux que lors de la dernière manifestation qui avait réuni à Lyon, le 29 novembre, 850 jeunes, dont une moitié de lycéens, selon la police.

Dans les Bouches-du-Rhône, une vingtaine de lycées étaient perturbés voire bloqués pour certains d'entre eux, et particulièrement à Marseille où a eu lieu une manifestation réunissant un millier de jeunes. Concernant le mouvement universitaire, la situation est calme sur le site d'Aix où les cours ont repris normalement mais sur le site Saint Charles à Marseille, plusieurs actions étudiantes ont perturbé leur tenue, a-t-on appris auprès de la direction.

Incidents à Caen et gare bloquée à Brest

A Montpellier, plusieurs centaines d'étudiants et de lycéens étaient dans la rue. Le cortège est parti de l'université Montpellier 2 (Sciences), bloquée, et a pris la direction du centre-ville. L'université des Lettres et Sciences humaines (Montpellier 3) est elle aussi bloquée. Une AG est convoquée pour jeudi.


A Toulouse, le blocage de l'université Paul-Sabatier depuis le 27 novembre à Toulouse a été levé, mardi en début d'après-midi, après un accord entre les étudiants et la direction de l'université. A l'issue d'une assemblée générale qui a réuni quelque 400 personnes, les étudiants-bloqueurs ont accepté de mettre fin à leur action après avoir obtenu un report des examens de fin d'année pour pouvoir participer aux manifestations et la possibilité d'utiliser un des bâtiments de l'université pour la tenue d'AG, selon les organisateurs du mouvement. A l'université du Mirail, une assemblée générale réunissant 1.500 étudiants a voté à main levée pour la reconduction du blocage et l'organisation de plusieurs actions. Une manifestation d'étudiants et de lycéens est prévue mardi au centre-ville de Toulouse.

Des incidents ont par ailleurs éclaté ce mardi en fin d'après-midi à Caen entre étudiants et forces de l'ordre à l'issue d'une manifestation
qui a réuni jusqu'à 1.800 personnes. Plusieurs centaines d'étudiants et lycéens ont incendié des poubelles et des palettes, perturbant la circulation dans le centre ville. Ils ont aussi jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes, repoussant les manifestants vers l'université, selon la même source. Il n'y a eu ni blessé ni interpellation, selon la police.

A Brest, entre 200 et 300 lycéens ont investi la gare ferroviaire, bloquant notamment un TGV à destination de Rennes et Paris. Les manifestants, appuyés par une cinquantaine d'étudiants, ont entamé leur action vers 15h45, selon des responsables de la gare. Dans le Finistère, de nombreux rassemblements ont eu lieu notamment à Landerneau (300), Plouinec (60), Pont de Buis (50), Brest, Quimper (400), Concarneau (100), Quimperlé (100), Carhaix (350), Pleyben (50), Chateaulin (180) où un rond-point a été occupé à la sortie de la 4 voies.

Nouvelle journée de mobilisation jeudi

Du côté des lycées, une dizaine d'établissements parisiens ont été perturbés mardi matin, six lycées en Midi-Pyrénées et une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. Une nouvelle journée d'actions et de manifestations est prévue jeudi.