Les propriétaires montent au créneau sur le pouvoir d’achat

IMMOBILIER Ils souhaitent que les taxes foncières soient elles aussi alignées sur le coût de la vie...

avec AFP

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Serge Pouzet

Les propriétaires enfoncent le clou. Après avoir jugé «incohérentes» les propositions de Sarkozy pour les locataires, l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), qui regroupe des proriétaires-bailleurs, demande, chiffres à l’appui, que les hausses des taxes foncières soient elles aussi alignées sur l'indice du coût de la vie, comme le gouvernement le demande pour les loyers.

Augmentation de 37% en cinq ans

Présentant à la presse les résultats de l'observatoire des taxes foncières que l’Unpi publie pour la deuxième année, Jean Perrin, son président a relevé ce mardi que cet impôt a «augmenté de 37% en 5 ans», passant de 18,6 milliards d'euros en 2001 à 25,5 milliards en 2006. Même en tenant compte «du nombre de nouveaux propriétaires assujettis à cette taxe», l'augmentation de la taxe foncière, payée aux collectivités locales, «n'est pas dans la moyenne des chiffres nationaux », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, les taxes d'habitation, payées par les occupants des logements, locataires ou propriétaires, ont augmenté de 33%, a-t-il précisé, ajoutant la comparaison sur la même période avec l'augmentation du prix de la baguette (+17%), celui des loyers (+16,27%) et celui de l'indice des prix à la consommation (IPC, +9,10%).

«Il y a 22 millions de personnes qui payent des taxes foncières», a-t-il indiqué, «si on avait voulu faire quelque chose pour le pouvoir d'achat des Français, il aurait mieux fallu agir pour maîtriser les taxes foncières». «Nous tirons la sonnette d'alarme», s'est-il emporté, soulignant que «notre fiscalité, nationale et locale, continue de progresser et parallèlement, l'Etat limite nos recettes».

Réunions prévues au ministère

Des réunions sont prévues en fin de semaine avec le ministère du Logement pour trouver un accord avec les propriétaires-bailleurs à la suite des annonces de Nicolas Sarkozy. «Nous sommes prêts à respecter un engagement de modération des loyers», a assuré Jean Perrin, «mais il ne faut pas que, de l'autre côté, on augmente les impôts».