Colonna: la défense demande à se rendre sur les lieux de l'assassinat

JUSTICE Elle estime que «des éléments nouveaux sont intervenus»...

avec AFP

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"J'étais complètement déstabilisée": en termes identiques, la compagne et l'épouse de deux complices présumés d'Yvan Colonna ont peiné jeudi pour expliquer leurs revirements après avoir mis en cause le berger corse durant l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac à Ajaccio.
"J'étais complètement déstabilisée": en termes identiques, la compagne et l'épouse de deux complices présumés d'Yvan Colonna ont peiné jeudi pour expliquer leurs revirements après avoir mis en cause le berger corse durant l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac à Ajaccio. — Benoit Pyrucq AFP/Archives
La défense d'Yvan Colonna a demandé mardi au président de la cour d'assises de Paris, Dominique Coujard, un transport de la cour sur les lieux de l'assassinat du préfet Claude Erignac, en Corse, à Ajaccio. «Nous allons vous demander de sortir de la salle d'audience et nous allons solliciter une demande de transport sur les lieux», a annoncé au président l'un des quatre avocats de l'accusé, Me Philippe Dehapiot.

«Des éléments nouveaux sont intervenus»

«Incontestablement, au fil des audiences, des éléments nouveaux sont intervenus», a-t-il expliqué, en précisant qu'il demandait un transport sur les lieux de l'assassinat du préfet, le 6 février 1998 à Ajaccio, mais aussi sur ceux de l'attentat de septembre 1997 contre la gendarmerie Pietrosella, en Haute-Corse, dont Yvan Colonna est également accusé.

Depuis sa capture en juillet 2003 après plus de quatre ans de cavale, Yvan Colonna et sa défense avaient demandé ce transport sur les lieux qui leur avait été refusé par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. L'avocat a expliqué que, selon la jurisprudence, l'accord ou le refus de ce transport dépend du président de la cour d'assises, qui peut décider seul ou se réunir avec ses six assesseurs pour trancher.

Colonna accuse le commando

Mardi main, Yvan Colonna a accusé les membres du commando condamnés pour l'assassinat du préfet Claude Erignac de ne pas l'avoir clairement mis hors de cause parce qu'ils veulent «protéger quelqu'un ou quelques-uns», en début d'audience à la cour d'assises spéciale de Paris.

Alors que quatre des six membres du commando déjà condamnés ont défilé à la barre ces derniers jours pour assurer que le berger corse ne faisait pas partie de leur groupe, ils ont refusé de donner le moindre détail, se contentant d'indiquer qu'ils avaient donné le nom d'Yvan Colonna à tort, sous la pression des gardes à vue.


«J'ai le sentiment qu'ils ont fait le choix de prendre le risque de me faire condamner à perpétuité, bien que je sois innocent, pour protéger quelqu'un d'autre ou quelques-uns», a lancé l'accusé. «Ils sont venus dire que je n'y étais pour rien, mais moi, ça ne me convainc pas tout ça», a-t-il ajouté.

Qui est le septième membre?

La veille, l'un des condamnés, Alain Ferrandi, avait donné un point à l'accusation en maintenant que le complot comptait sept membres, et qu'un manquait donc toujours à l'appel. «Visiblement, il y a une stratégie pour bloquer. On bloque à sept. On ne va pas plus loin», a insisté Yvan Colonna. «Leur attitude, je ne la comprends pas quand ils ne veulent pas s'expliquer sur le nombre».

Défendant point par point sa cause, l'accusé a assuré faire face à un «scénario figé» dès 1999 - Claude Erignac a été assassiné en février 1998 -, quand les premiers aveux sont tombés et qu'il a pris la fuite pour plus de quatre ans de cavale dans le maquis. «Je suis persuadé que pas une seule seconde les trois juges d'instruction se sont mis en situation de se dire : ce type est innocent», a-t-il déclaré.

«Vous arrivez quatre ans après tout le monde»

«Il faut dire que vous arrivez quatre ans après tout le monde», a souligné le président Dominique Coujard, puisque ses complices présumés ont été jugés en 2003, en son absence. «J'ai peut-être une responsabilité. J'ai pris la fuite. Je l'assume pleinement», a-t-il répondu.