La belle histoire de Royal, «c'est vous», pas le PS

POLITIQUE Le livre de l'ex-candidate à la présidentielle paraît ce mardi...

S. Colineau

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Ségolène Royal affirme vouloir "un jour, fêter ses retrouvailles" avec les Français, laissant entrevoir sa volonté d'être à nouveau candidate à la présidentielle, dans un livre - "Ma plus belle histoire, c'est vous" (Grasset)- où elle éreinte les ténors du PS et se reproche surtout d'avoir "manqué de poigne".
Ségolène Royal affirme vouloir "un jour, fêter ses retrouvailles" avec les Français, laissant entrevoir sa volonté d'être à nouveau candidate à la présidentielle, dans un livre - "Ma plus belle histoire, c'est vous" (Grasset)- où elle éreinte les ténors du PS et se reproche surtout d'avoir "manqué de poigne". — Stéphane de Sakutin AFP

Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains socialistes. Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset), le livre-témoignage publié ce mardi par Ségolène Royal, ne devrait pas apaiser les relations au PS. Il ne devrait pas non plus faciliter un éventuel rapprochement avec François Bayrou. Peu probable, en effet que les leaders du PS et du MoDem apprécient le récit des cuisines de la campagne présidentielle fait par la candidate.

La description d'une entrevue avec Michel Rocard est ainsi surréaliste. A deux jours du dépôt des candidatures, l'ancien Premier ministre lui lance : «Primo, tu n'y arriveras pas, secundo, il te reste quelques heures pour te retirer, lui lance-t-il (...) Je suis le meilleur candidat. Il faut que tu te désistes en ma faveur. J'ai les sondages, c'est moi le plus populaire dans la durée.»

Le mérite de la cohérence

DSK et Fabius en prennent aussi pour leur grade. Les proches de Strauss-Kahn sont présentés comme de « peu recommandables cerbères », responsables de la mise en ligne de la fameuse vidéo sur les 35 heures des profs, et des sifflets de militants PS au Zénith de Paris. A Fabius, elle prête cet ordre donné à son lieutenant, Claude Bartolone: «Je t'interdis de continuer avec cette femme.» Quant à Bayrou, à qui elle avait promis Matignon, il est décrit comme «un amoureux qui craint la panne». D'autres sont épargnés, comme François Hollande, et surtout, elle-même. Le mea-culpa n'est pas le genre de Royal. Au fond, l'ex-candidate a le mérite de la cohérence : peu importe le parti, elle s'adresse aux Français. Quitte à risquer d'insulter l'avenir.

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