Garde civil tué dans les Landes: les meurtriers présumés toujours recherchés

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Deux membres présumés de l'ETA ont abattu un garde civil espagnol et grièvement blessé un second à Capbreton, le 1er décembre 2007.
Deux membres présumés de l'ETA ont abattu un garde civil espagnol et grièvement blessé un second à Capbreton, le 1er décembre 2007. — REUTERS/Regis Duvignau

Les recherches pour retrouver deux hommes et une femme, membres présumés d'ETA soupçonnés d'avoir tué un garde civil espagnol et blessé très grièvement un autre samedi matin à Capbreton (Landes), se poursuivaient dimanche, après la levée du plan Epervier dans la nuit.

«Le dispositif a été levé, (les tireurs présumés) sont toujours dans la nature mais nos patrouilles de service restent mobilisées sur cette affaire», a précisé la gendarmerie dimanche matin.

Samedi matin, vers 09H30, sur le parking d'une cafétéria de Capbreton, station balnéaire située à une vingtaine de km du Pays basque français et à 50 km de l'Espagne, deux gardes civils ont été la cible de «deux coups de feu» tirés «de sang froid», selon la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie.

Raul Centeno, 24 ans, est décédé. Fernando Trapero, 23 ans, qui a reçu une balle en pleine tête, a été hospitalisé à Bayonne où il se trouvait dimanche matin en «état clinique apparent de mort cérébrale», selon le directeur de l'hôpital. Un scanner doit être pratiqué dimanche matin, a-t-il ajouté.

Les militaires espagnols effectuaient «une mission de renseignement (...) dans le cadre d'une mission habituelle de coopération avec la police française dans la lutte contre le terrorisme ETA», a expliqué samedi la ministre. Les deux hommes circulaient dans un véhicule du ministère de l'Intérieur français, selon une source proche de l'enquête.

Pour Michèle Alliot-Marie, cet «assassinat» pourrait être le fait d'«une rencontre fortuite»entre les militaires espagnols venus prendre un café et le groupe composé de deux hommes et d'une femme, «trois membres présumés d'ETA». Après les coups de feu, les agresseurs se sont enfuis vers le nord à bord d'un véhicule, avant de prendre en otage une femme, rapidement relâchée à une quinzaine de km au sud de Bordeaux.

«Ces individus sont organisés, ils disposent de planques, de matériel, dans tout le quart Sud-Ouest de la France. Ils ont tout ce qu'il faut pour durer dans le temps», a estimé dimanche la gendarmerie. Toutefois, le plan Epervier, «qui mobilise énormément de personnel» et «n'a pas vocation à durer» car il est surtout efficace «dans les premières heures», a été levé dans la nuit, a-t-on expliqué. Dans ce cas précis, «nous avons affaire à des gens habitués à vivre dans la clandestinité», qui se sont «probablement débarrassés de leur véhicule», a ajouté la gendarmerie. Le dossier a été confié à la section anti-terroriste du parquet de Paris.

En Espagne, José Luis Rodriguez Zapatero a «très fermement» condamné ces actes samedi, ajoutant qu'ETA «n'obtiendra jamais ce qu'elle veut par la violence». Par ailleurs, partis et organisations syndicales et patronales espagnols ont unanimement appelé à manifester le «rejet du terrorisme» mardi soir dans les rues de Madrid.

Le Président Nicolas Sarkozy a téléphoné samedi à M. Zapatero pour lui adresser ses condoléances et exprimer son «désir de redoubler son engagement dans la lutte contre le terrorisme et d'intensifier encore plus la collaboration avec l'Espagne et entre les polices des deux pays».

Dans un communiqué, Batasuna, parti indépendantiste autorisé en France mais interdit en Espagne où il est considéré comme le bras politique d'ETA, a estimé samedi soir que «l'attentat (...) mettait en exergue la nécessité qu'a le Pays basque d'aborder d'urgence un scénario démocratique, un scénario de dépassement du conflit».