Nicolas Sarkozy a présenté ses mesures pour le pouvoir d'achat

POLITIQUE Organisation d'une conférence sociale, rachat de RTT, travail le dimanche...

Catherine Fournier

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C'est fait. Nicolas Sarkozy a présenté ses mesures phares pour le pouvoir d'achat en direct ce jeudi soir sur France 2 et TF1. Le Président, interviewé depuis l'Elysée par Arlette Chabot et Patrick Poivre-d'Arvor, s'est également brièvement exprimé sur les violences urbaines dans le Val-d'Oise et les régimes spéciaux de retraites.

Sur le pouvoir d'achat :

Nicolas Sarkozy a d'abord annoncé la tenue d'une grande conférence sociale à la mi-décembre pour fixer l'agenda social de 2008. Le chef de l'Etat donne le ton : «Dans toutes les entreprises où les partenaires sociaux accepteront de négocier, on échangera plus de travail contre plus de salaire. Dans les branches où il n'y aura pas de négociations salariales, je remettrai en cause les allègements de charge.»

Au menu de cet agenda social
- La question du travail le dimanche. «Il faut que les salariés puissent travailler ce jour-là s'ils le souhaitent, en étant payé double.»
- Les 35 heures : «Je propose le paiement des RTT» dans le privé comme dans le public. Pour la fonction publique, les heures supplémentaires seront payées comme dans le privé (25% de plus). «Je demanderai que le Premier ministre organise des négociations pour régler cette histoire de stock d'heures supplémentaires, dans les hôpitaux notamment».
- Fonds de participation : les débloquer dans les grandes entreprises dans les six mois qui viennent dans la limite d'un plafond qui pourrait être de 10.000 euros. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, où les salariés ne bénéficient pas de la participation, une prime versée aux salariés serait exonérée de charges sociales. «Je veux redonner du carburant à la croissance», affirme Nicolas Sarkozy.
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Au menu également, la refonte de la formation professionnelle, afin qu'elle bénéficie aux moins diplômés.
- Securisation des parcours professionnels : généraliser le contrat de transition professionnel expérimenté par Borloo.
- Réformer le critère de représentativité et le financement des syndicats. Interrogé sur l'affaire de l'UIMM, Nicolas Sarkozy répond : «En tant que Président de la République, je n'ai pas à penser quelque chose de cela»

Toujours pour favoriser le pouvoir d'achat, le chef de l'Etat entend par ailleurs :
- Créer un indice du pouvoir d'achat en fonction du coût de la vie.
- Engager une grande discussion dans la grande distribution pour obtenir la baisse des prix dans les grandes surfaces. «C'est d'autant plus nécessaire qu'on a une hausse des prix des matières premières», note le Président
- Indexer les loyers sur l'indice des prix à la consommation et pas de l'indice de la construction, ce qui devrait baisser de 1 à 1,5 point le montant des loyers. Remplacer la caution par un système de mutualisation et ramener de deux à un mois le dépôt de garantie.

Interrogé sur les critiques à l'égard du paquet fiscal, Nicolas Sarkozy rétorque que «le texte sur les heures supplémentaires s'applique depuis le 1er octobre, il faut donc attendre d'en voir les effets». Il se défend par ailleurs d'avoir fait des cadeaux aux riches en instaurant les heures supplémentaires, la défiscalisation des droits de succession et le remboursement des intérêts d'emprunt.



Sarkozy conférence de presse
envoyé par jlhuss

Sur les régimes spéciaux :
Nicolas Sarkozy ne cherche pas à polémique en déclarant : «On peut être fier de nos régimes spéciaux. Ils ont pris leurs responsabilités.» Et d'ajouter tout de même : «Je ne pouvais pas reculer parce que c'est l'intérêt national que de conduire cette réforme.»

Sur les violences urbaines:
Le Président a le même discours que celui tenu ces derniers jours. La République ne cédera pas un pouce de terrain par rapport aux «voyous» qui ont tiré sur les policiers. Nous les retrouverons et ils seront jugés aux assises.
Sur le plan banlieue : Fadela Amara l'a mis en place pour ceux qui veulent s'en sortir : on leur donnera un droit à la formation pour un droit à l'emploi.
Sur une police de proximité : «On ne voit pas ce que le brave policier de proximité aurait pu faire face à des individus qui tirent. J'ai demandé à la police de se garder de toute familiarité avec les jeunes. Pas un seul policier n'a tiré sur les jeunes, on peut être fier de notre police.»

Autres sujets :

- Pour développer la recherche, Nicolas Sarkozy annonce que l'Etat va «vendre 3% du capital d'EDF pour investir dans nos universités». Nicolas Sarkozy juge à ce propos le blocage des facs «inadmissible».

- Sur la mise en examen de Chirac : «C'est toujours dommage que la justice vienne si tard», ose son successeur, tout en affirmant que l'ex-Président est «présumé innocent».

- Sur son hyperprésidence : Arlette Chabot, particulièrement active dans l'interview, l'interpelle sur ses interventions multiples : pêcheurs, Tchad... «Un Président doit à la fois être le moteur du changement et l'arbitre», répond Nicolas Sarkozy. «Je suis comme ça, j'ai été élu pour faire un travail, j'ai envie de le faire pleinement, totalement, il ne faut pas s'économiser. J'en suis heureux. Je pense que la vie quotidienne d'un Français est beaucoup plus dure que la mienne.» «Le chef, c'est pas celui qui se met derrière. Mon tempérament, c'est plutôt de me mettre devant», conclut-il.


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