«La réforme de carte judiciaire ne prend pas en compte les frais de transports»

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La mobilisation contre la réforme de la carte judiciaire a atteint son point d’orgue ce jeudi, avec des manifestations un peu partout en France.
La mobilisation contre la réforme de la carte judiciaire a atteint son point d’orgue ce jeudi, avec des manifestations un peu partout en France. — Reuters
Frédéric Covin, vice-président de la Conférence des bâtonniers, était à la manifestation parisienne contre la réforme de la carte judiciaire ce jeudi après-midi. Il détaille pour 20minutes.fr les revendications des avocats liées à la suppression de plus de 300 instances judiciaires en France.

La situation des personnels sédentaires des tribunaux supprimés (secrétaires, magistrats, greffes) semble plus compliquée que celle des avocats, rattachés à un barreau départemental et donc déjà amenés à se déplacer...


Certes. Mais nos déplacements vont également augmenter. Les avocats ont généralement installé leur cabinet à proximité d’un tribunal. Si celui-ci est supprimé, il leur faudra prendre la voiture pour aller plaider. Idem avec la création des pôles d’instruction en mars prochain. Certains départements en seront dépourvus, obligeant les avocats à se rendre dans le département voisin pour rencontrer leur client.

Que demandez-vous?

Une revalorisation de l’aide juridictionnelle (accordée aux personnes aux ressources insuffisantes pour les frais d’un procès ndlr), avec la prise en compte des frais de transports. Jusqu’à présent, ce n’est pas le cas. Pendant l’affaire d’Outreau, par exemple, les avocats devaient se rendre dans plusieurs maisons d’arrêt différentes, la zone géographique de l’affaire étant importante.

La Chancellerie a commencé à recevoir tous les chefs de barreaux concernés par la réforme. Avez-vous déjà des retours positifs?

Non. L’Etat ne semble pas disposer à faire des efforts financiers. D’autant que le budget 2008 de la justice a déjà voté et n’a pas évolué par rapport à 2007. Or, il nous semble nécessaire également de renforcer la représentation par des avocats de certains contentieux techniques comme le surendettement, la mise sous tutelle etc., facultative et donc moins prise en compte par l’aide juridictionnelle. Ça ne sert à rien de faire une réforme si on n’y met pas les moyens.

Propos recueillis par Catherine Fournier