Nouvelle journée d’action des étudiants et lycéens

avec AFP

— 

La contestation contre la loi Pécresse a pris une ampleur nouvelle jeudi avec la participation de plus en plus notable des lycéens, tandis que le gouvernement et l'Unef donnaient le sentiment de vouloir renouer un dialogue, mais sans perspective concrète à ce stade.
La contestation contre la loi Pécresse a pris une ampleur nouvelle jeudi avec la participation de plus en plus notable des lycéens, tandis que le gouvernement et l'Unef donnaient le sentiment de vouloir renouer un dialogue, mais sans perspective concrète à ce stade. — Jean-Pierre Müller AFP

Toujours mobilisés contre la réforme de l’université proposée par Valérie Pécresse, ils manifestent dans plusieurs villes, jeudi après-midi.

A Paris

Un peu plus de 2.000 étudiants et lycéens, selon l'UNL (syndicat lycéen), ont commencé à manifester au départ de la place d'Italie, peu après 15h, en direction de Bastille. Venus d'universités parisiennes comme Paris I-Tolbiac ou Paris IV-Sorbonne et de lycées parisiens et franciliens (Fénelon, Hélène-Boucher, Michelet, etc.), les manifestants portaient des banderoles où l'on pouvait lire: «pour des diplômes nationaux», «ni sélection ni privatisation, contre la LRU, tous dans la rue». Le syndicat étudiant Unef, qui a seul négocié avec le gouvernement une sortie de crise concertée, n'a pas appelé à cette manifestation.

Les lycéens étaient aussi présents. Arrivés à partir de 14h sur la place d'Italie, les lycéens ont attendu, malgré la pluie, les différents cortèges étudiants, afin de faire «converger» les deux défilés. Face à l'inscription de l'«orientation active» (préinscriptions) prévue dans la loi, source d’inquiétude pour les lycéens, ils réclament «l’ouverture de négociations», selon la présidente de l'Union nationale lycéenne (UNL), Floréale Mangin.

Selon le rectorat, une «grosse vingtaine» de lycées sont bloqués, dont trois fermés: Montaigne (VIe), Arago (XIIIe), Buffon (XVe). Selon l'Union nationale lycéenne (UNL), «au moins 27 lycées sont mobilisés, c'est-à-dire sont bloqués, fermés, préparent des assemblées générales pour la manifestation de ce jeudi après-midi ou font l'objet de barrages filtrants». La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) en a compté 21 bloqués ou fermés sur les 73 lycées que compte Paris. Parmi les lycées concernés: Lavoisier (VIe), Paul-Bert (XIVe), Racine (VIIIe), Lamartine (IXe), Ravel (XIIe), Sophie-Germain (IVe), Victor-Hugo (IVe), Charlemagne (IVe), Hélène-Boucher (XIIe), Balzac (XVIIe), Jacques-Decour (IXe), Paul-Valéry (XIIe), Colbert (Xe), Louis-le-Grand (Ve), Henri-IV (Ve), Sigfried (Xe) ou Edgar-Quinet (IXe).

A Lyon


Entre 900 étudiants et lycéens, selon la police, et 1.500, selon les organisateurs, ont manifesté à Lyon à la fois contre la loi sur l'autonomie des universités, mais aussi pour soutenir une lycéenne marocaine de 19 ans, menacée d'expulsion. «Jeunesse sans papiers, jeunesse volée, régularisation pour tous», proclamait la banderole de tête du cortège, composé à moitié de lycéens et d'étudiants, ces premiers brandissant de nombreuses pancartes en carton disant «Non à l'expulsion, Raja en France». En fin de cortège, les étudiants étaient beaucoup plus discrets, et n'avaient aucune banderole.

Quelques lycées ont été bloqués jeudi matin, à l'instar du lycée Chabrière, à Oullins (Rhône), et du lycée Descartes à Saint-Genis-Laval (Rhône). Une tentative de blocage a eu lieu au lycée Edouard Branly, à Lyon, mais les cours ont finalement eu lieu normalement.

«On reste mobilisés», a déclaré Mathieu Grand, président de la Fédération syndicale étudiante de Lyon, «l'Unef prétend qu'il y a des avancées, mais le fond de la loi est toujours le même», a-t-il soutenu.

A Bordeaux

Quelque 1.400 étudiants et lycéens, selon la police, entre 2.500 et 3.000 selon les organisateurs, ont manifesté à Bordeaux. «Non à la loi Pécresse et aux études à deux vitesses»; «Fac ouverte aux enfants d'ouvriers, fac fermée aux intérêts privés!», ont scandé les étudiants renforcés par 800 lycéens, selon le chiffre d'un représentant de la Fidl.

Un petit cortège silencieux, constitué d'étudiants se disant «non syndiqués» et portant des masques de vampires, fermait la marche. «Mme Pécresse n'a pas donné de garanties», a estimé Adrien, étudiant membre du «comité de mobilisation» de Bordeaux III, rappelant que «la revendication reste l'abrogation de la loi Pécresse».

A Nantes

Environ 4000 lycéens, étudiants et enseignants ont défilé pour s’opposer à la loi Pécresse. La manifestation s’est achevée devant le CHU où un lycéen nantais est toujours hospitalisé après avoir reçu un flash-ball en plein visage, mardi soir, lors d’affrontements avec les forces de l’ordre. Dans le cortège, plusieurs banderoles réclamaient l’arrêt des «violences policières». La mère du jeune homme hospitalisé, sérieusement blessé à l’oeil, à appeler les lycéens à «ne pas se laisser intimider par le gouvernement et sa police» en continuant «à défendre leur avenir pacifiquement».

La Procureure de la République de Nantes a décidé d’ouvrir une enquête afin de déterminer quelles sont les circonstances exactes ayant conduit à cet accident. L’IGPN, la police des polices, arrive à Nantes ce soir.

UNEF

Le syndicat, seul à ne pas manifester, a appelé jeudi «les assemblées générales» étudiantes à «la levée des blocages et à la suspension de la grève».