Robert Badinter du côté des magistrats

Sa. C. avec AFP

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L'inscription dans la Constitution de l'interdiction de la peine de mort, lors du Congrès lundi, sera "l'aboutissement d'une longue marche", déclare à l'AFP Robert Badinter, auteur de la loi d'abolition, qui réclame un moratoire sur les exécutions pour les JO de Pékin.
L'inscription dans la Constitution de l'interdiction de la peine de mort, lors du Congrès lundi, sera "l'aboutissement d'une longue marche", déclare à l'AFP Robert Badinter, auteur de la loi d'abolition, qui réclame un moratoire sur les exécutions pour les JO de Pékin. — Catherine Gugelmann AFP/Archives

Magistrats et avocats ont un allié de poids. A quelques heures de la manifestation contre la réforme de la carte judiciaire, l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter s’est exprimé jeudi sur France Inter.
 
«C'est un mouvement comme je n'ai pas le souvenir d'en avoir vu, c'est vraiment une vague profonde de révolte contre la réforme» lancée par la garde des Sceaux Rachida Dati, a-t-il déclaré. «Le malaise est extrêmement profond dans la magistrature (...) je ne me souviens pas d'avoir vu autant d'anxiété et autant d'amertume», a insisté le sénateur PS des Hauts-de-Seine.
 
«Simulacre de concertation»

 
S’il estime que «sur le principe de la réforme, on ne peut pas ne pas être d'accord», il a néanmoins condamné le manque de pédagogie du gouvernement: «La réforme a besoin d'être expliquée, elle ne l'a pas été». «On a perdu une occasion unique, on aurait dû, cour d'appel par cour d'appel, déterminer ce qu'est aujourd'hui la demande de justice de la part des justiciables et modifier en conséquence la carte (...) Il n'y a pas eu d'étude d'impact», a-t-il regretté.
 
Et de tacler Rachida Dati, qui a plusieurs fois vanté la création du comité consultatif, réunissant 21 avocats, magistrats et greffiers, pour préparer la réforme. Un «simulacre de concertation» selon Robert Badinter. Et pour cause: ce comité national ne s'est plus jamais réuni depuis son installation par l'actuelle ministre de la Justice, fin juin. L’ancien ministre a proposé sa renaissance sous la forme d' «une sorte d'instance de recours» auprès de laquelle faire valoir les critiques.