Sarkozy parle de «voyoucratie»

DECLARATION Il affirme qu'il n'y aura pas de fusion entre la police et la gendarmerie...

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Nicolas Sarkozy s'adresse, ce jeudi matin, aux forces de l'ordre. Il affirme que «tout sera mis en oeuvre pour retrouver» les personnes ayant tiré sur des policiers lors des violences dans le Val-d'Oise. Il souhaite «des sanctions à la hauteur de la gravité de ce qu'ils ont fait».

«Mettez les moyens que vous voulez (...) ça ne peut pas rester impuni, c'est une priorité absolue», a-t-il déclaré dans un discours à La Défense, devant près de 2.000 policiers et gendarmes sur les questions de sécurité.

«Dans une république et dans une démocratie, on n'utilise pas d'armes à feu contre les forces de l'ordre», a-t-il poursuivi assurant que «tout sera mis en oeuvre pour les retrouver».

Nicolas Sarkozy a déclaré qu'un brigadier-chef, blessé lors des violences qui ont suivi la mort de deux jeunes dimanche suite à une collision avec une voiture de police, avait «perdu un oeil».

«La solidarité de l'ensemble du gouvernement vous est acquise», a assuré le président aux forces de l'ordre avant de féliciter le Premier ministre François Fillon et la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, pour avoir «très bien géré» la crise.

«Nous allons donner plus à ceux qui veulent s'en sortir et aux autres qui ne veulent pas s'en sortir nous leur donnerons plus également mais pas dans le même sens.»

«Je réfute toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social», a-t-il martelé.

Selon le chef de l'Etat, «ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie».

«Il n'y aura pas de fusion entre police et gendarmerie, mais un rapprochement», les deux forces étant «rattachées au ministre de l'Intérieur», a annoncé Nicolas Sarkozy.

«J'ai demandé au Premier ministre et aux ministres de l'Intérieur et de la Défense de préparer une loi relative à la gendarmerie nationale redéfinissant son fonctionnement.»

«Le décret de 1903 (sur la gendarmerie) a un peu vieilli», a-t-il jugé. «Police et gendarmerie seront rattachées au ministère de l'Intérieur, c'est le ministre de l'Intérieur qui définira l'emploi, l'organisation, les objectifs et les moyens d'investissement et de fonctionnement des deux forces», a expliqué le président.

«La police et la gendarmerie sont deux institutions qui ont leur culture, leur histoire, leur identité (...). Tout ce qui forge et soude une communauté. Il n'y aura pas de fusion», a-t-il toutefois souligné.