Trente ans de salaires en berne, ça passe mal

Angeline Benoît

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Non, vous n’avez pas rêvé. Le salaire moyen perçu par les Français n’a pas bougé en trente ans. C’est le constat sans appel publié aujourd’hui par l’Insee, alors que le président de la République doit présenter ce soir ses remèdes pour doper le pouvoir d’achat. Explications.

• Moins de temps complets Depuis 1978, la part des salariés qui ne travaillent pas toute l’année à temps plein a presque doublé, pour atteindre 31%. L’explosion des temps partiels, des CDD, de l’intérim et du chômage ont contrebalancé la hausse des salaires. Moins souvent et moins longtemps en CDI à temps plein, les Français en sont au même point qu’il y a trente ans, avec un peu moins de 17 000 € net par an en moyenne.

• Des cotisations en hausse Les fiches de paie ont aussi pâti de l’augmentation des taux de cotisation et de l’instauration de la CSG et de l a CRDS, souligne l'Insee, qui constate un creusement de l'écart entre les rémunérations brutes et nettes.

• L’Etat au régime sec Depuis 2000, la progression des traitements est faible dans les trois fonctions publiques, voire négative dans la fonction publique d’Etat. Même si cette dernière reste mieux payée en raison de la forte proportion de cadres. Ce qui n’est pas le cas de la territoriale. Et si les agents de la catégorie B sont nombreux à bénéficier de promotions, les emplois modestes de la catégorie C y ont rarement accès.

mesures Le président de la République s’exprimera ce soir sur TF1 et France 2 à 20h, en direct de l’Elysée. Nicolas Sarkozy, qui a fait du pouvoir d’achat le thème
central de sa campagne, se sait attendu sur ce terrain, après les impopulaires franchises médicales et avant une nouvelle réforme des retraites. L’opposition n’a eu de cesse de critiquer l’UMP sur ce volet, estimant que le «paquet fiscal» adopté cet été́, avec notamment un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts immobiliers, est un cadeau aux plus aisés, alors qu’on refuse une hausse du smic aux bas salaires.