Un millier de policiers étaient mobilisés hier soir à Villiers-le-Bel, alors que la situation semblait apaisée. Nicolas Sarkozy a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour éclaircir les circonstances encore f...

D. Carzon, - ©2007 20 minutes

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Les camions de CRS arrivaient par dizaines à Villiers- le-Bel, hier au coucher du soleil. Pour la deuxième soirée consécutive, près de 1 000 policiers sont mobilisés pour ramener le calme dans cette commune du Val-d'Oise touchée par des émeutes après la mort dimanche de deux adolescents dont la mini-moto a été percutée par une voiture de police. Un dispositif qui semble avoir fonctionné la nuit précédente. Hier soir, à l'heure où nous imprimions, la situation était calme.

De retour de Chine, Nicolas Sarkozy a repris la direction des opérations. Après avoir rendu visite aux pompiers et policiers blessés dans les affrontements des derniers jours, le chef de l'Etat a longuement reçu la famille des deux adolescents, leurs avocats et le maire (PS) de Villiers-le-Bel, Didier Vaillant. Nicolas Sarkozy leur a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire, alors que les circonstances de l'accident mortel sont encore floues. Une nouvelle marche silencieuse et une prière mortuaire seront organisées à Villiers-le-Bel, en mémoire de Moushin aujourd'hui et demain pour Laramy. Les deux jeunes Français seront ensuite respectivement enterrés au Maroc et au Sénégal, leur pays d'origine.

Depuis dimanche, à Villiers-le-Bel, la question des armes continue de susciter des interrogations. Des fusils de chasse ont été utilisés à plusieurs reprises contre les policiers. « Ici, on sait tous qu'il n'y a qu'un seul gars armé », explique une collégienne. Volonté de minimiser ? Pas forcément, à en croire Pierre Willerme de l'UNSA-Police. Selon lui, « il n'y a pas plus d'un ou deux fusils dans la cité. Mais ce n'est pas la quantité qui nous inquiète : un fusil suffit à tuer. » Eric Mildenberger, secrétaire national Alliance chargé des CRS, se méfie de ces rumeurs : « Les gars disent qu'ils étaient trop loin pour savoir s'il s'agissait du même tireur ou non. »

Reste que la dégradation des relations entre la police et les habitants de Villiers ne date pas de dimanche. « Les flics sont tout le temps après les jeunes, constate un père de famille sur place. Ils ne les lâchent jamais. »