«Mon frère a voulu y aller, ma mère lui a mis une gifle»

REPORTAGE La tension reste vive à Villiers-le-Bel où un dialogue, brutal, est renoué...

David Carzon, Michaël Hajdenberg, Johan Hufnagel

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Les affrontements ont éclaté peu après 19H30, entre une centaine de jeunes et les policiers, à Villiers-le-Bel, à environ 200 mètres du lieu de la collision entre la voiture de police et la mini-moto, avant de gagner cinq autres villes du département.
Les affrontements ont éclaté peu après 19H30, entre une centaine de jeunes et les policiers, à Villiers-le-Bel, à environ 200 mètres du lieu de la collision entre la voiture de police et la mini-moto, avant de gagner cinq autres villes du département. — Olivier Laban-Mattei AFP

Le bruit de l'hélicoptère qui a tourné toute la nuit au-dessus de Villiers-le-Bel était encore dans toutes les oreilles ce mercredi. Et dans toutes les conversations. «Les nuits d'avant, ce sont les jeunes qui m'ont empêchée de dormir, cette fois c'est l'hélicoptère», raconte une mère de famille. Pour beaucoup d'habitants de ces quartiers, l'importante présence policière de mardi soir a permis de ramener le calme. «Ce n'est pas la police qu'on nous envoie, c'est l'armée», note un jeune.

Collégien et ami de Mouhsin, un des deux jeunes décédés, Grégory n'approuve pas spécialement les violences qui ont secoué les cités. Pour lui, le calme est revenu «parce que les grands ont parlé» à ceux qui sont descendus mettre le feu. Certains parents sont également intervenus pour empêcher leurs enfants de se mêler à la révolte. «Mon frère a voulu y aller, ma mère lui a mis une gifle et il est rentré», raconte une collégienne. «J'ai voulu aller au trésor public. C'était fermé car il avait été détruit. Il y a un moment où ça suffit», commente un père.

Non loin de la maison de quartier Salvador Allende, l'ambiance est plus tendue: «On n'est pas fous. On va attendre qu'ils repartent pour ressortir». Vraie stratégie ou provocation? «Le dialogue est brutal mais il est renoué, tempère un éducateur de la ville plutôt optimiste. Les jeunes sont venus en nombre dans les forums pour discuter. Cela a permis de faire retomber en partie la tension.»

Le frère de Larami, une des deux victimes, a été blessé au pied dimanche soir par un tir de flashball. Agé de 14 ans, il a dû être être hospitalisé à Gonesse.