Grenelle de l'environnement, le mois d'après

ECOLOGIE Le point sur ce qui bouge, ce qui piétine, ce qui déçoit...

Catherine Levesque

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Les députés ont adopté vendredi le budget 2008 de la mission Ecologie (10,149 milliards d'euros), en interpellant Jean-Louis Borloo (Ecologie) sur les moyens de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement.
Les députés ont adopté vendredi le budget 2008 de la mission Ecologie (10,149 milliards d'euros), en interpellant Jean-Louis Borloo (Ecologie) sur les moyens de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement. — Patrick Kovarik AFP

Un mois après les conclusions largement médiatisées du Grenelle de l’environnement, le mot magique refait apparition dans les colonnes. Le point sur ce qui bouge, ce qui piétine, ce qui déçoit.

• Aux gamins de plancher !
Jeudi matin, Nicolas Vanier, chargé par le ministre de l’Education, Xavier Darcos, de parrainer le « Grenelle à l’école », présentera cette opération à la presse en compagnie de Jean-Louis Borloo. Enfants et enseignants devront à leur tour gamberger sur les idées débattues lors du «Grenelle des grands», puis faire leurs propres propositions via un site Internet pour préserver l’environnement au niveau de la classe, du collège, de la commune, voire au-delà… En avril 2008, une quinzaine de propositions validées des spécialistes seront remises à Nicolas Sarkozy.

Du côté des associations, on soupçonne un peu le coup médiatique, tandis que l’atelier intergroupes promis sur l’éducation à l’issue du Grenelle n’a toujours pas vu le jour. «Nous disposons d’experts et d’un savoir-faire qui n’ont pas été sollicités pour ce “ Grenelle à l’école ”», déplore Roland Gérard, coprésident du Collectif français pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable et codirecteur du Réseau Ecole et Nature. Les réflexions sur l’éducation, la formation, l’information et la sensibilisation impulsées par le Grenelle doivent avant tout déboucher sur une participation des citoyens. »

• Les associations bougonnent
Pas de dispositif global de suivi, des comités opérationnels mis en route sans que les différents collèges n’y soient associés, d’autres qui tardent à se créer… Le collectif d’associations «Alliance pour la planète» faisait mardi part de ses déceptions dans un communiqué. Eprouvées par la mobilisation dont elles ont dû faire preuve durant des mois de négociations, certaines associations avouent «avoir le cul entre deux chaises» entre les décisions actées et celles qui continuent à être prises sur le terrain. Ce flottement était prévisible…

• Le ministre claironne
Heureux hasard de calendrier, depuis le 1er novembre, les travaux de rénovation des bâtiments existants (isolation notamment) bénéficient de l’entrée en vigueur de la réglementation thermique. Avis aux propriétaires désireux de se lancer dans des travaux d’économies d’énergie !

Jean-Louis Borloo a pour sa part assuré à l’AFP que le décret créant la Haute Autorité sur les OGM et celui imposant aux cantines publiques l’introduction de 20 % d’aliments bio d’ici à 2010 seraient publiés avant Noël.

Les premiers textes législatifs, dont la loi sur les OGM ou les normes dans le bâtiment, devraient quant à eux être soumis au Parlement en décembre pour adoption avant le 9 février.

Les parlementaires vont se pencher très vite sur le projet de bonus-malus censé inciter les automobilistes à acquérir des véhicules moins polluants, ainsi que sur la taxe carbone.

La «Commission Lepage» est quant à elle d’ores à pied d’œuvre sur les enjeux d’euro-compatibilité du Grenelle, des questions de gouvernance et de la préparation de la présidence française de l’Union européenne.

• Gare aux lendemains qui déchantent
Seuls les comités de suivi sur les pesticides et le bâtiment existent pour l’instant.
La taxe sur les poids lourds ne s’appliquerait finalement qu’aux routes nationales, alors que le Grenelle l’envisageait sur l’ensemble du réseau routier, hors autoroutes.

On attend donc le premier bilan officiel, prévu pour le 15 décembre.

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