Fille + université + fumeuse = profil type du mal-être étudiant

EDUCATION Selon une étude publiée ce mercredi par la mutuelle étudiante LMDE...

C. F. avec AFP

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Des étudiants de l'université Paul-Sabatier (UPS) de Toulouse-Rangueil ont bloqué lundi les accès de plusieurs bâtiments du campus avant de participer à une opération péage gratuit en protestation contre le contrat première embauche (CPE), a-t-on appris auprès des animateurs du mouvement.
Des étudiants de l'université Paul-Sabatier (UPS) de Toulouse-Rangueil ont bloqué lundi les accès de plusieurs bâtiments du campus avant de participer à une opération péage gratuit en protestation contre le contrat première embauche (CPE), a-t-on appris auprès des animateurs du mouvement. — Eric Cabanis AFP

Les filles qui étudient à l’université, habitent chez leurs parents mais travaillent parallèlement et fument représentent le profil type des étudiants en situation de mal-être. Ce sont les conclusions d’une étude de l'Observatoire EPSE (Expertise et prévention pour la santé des étudiants), publiée ce mercredi par la mutuelle étudiante LMDE.

Changement de cursus et solitude

Hasard du calendrier, cette étude est publiée en plein mouvement de contestation dans les universités, notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, mais aussi pour de meilleures conditions d'études.

A partir de 1.134 réponses à un questionnaire envoyé cet été à des étudiants affiliés à LMDE, trois groupes ont été distingués: les «bien-portants» (75%), «les anxieux-dépressifs sévères» (8%) et ceux se situant dans l'entre-deux, dans une situation de «mal-être» (17%). C'est à cette dernière catégorie que l'Observatoire s'est intéressé.

Outre le fait que cette souffrance caractérise plus souvent les filles (22% contre 10% pour les garçons) qui vivent chez leurs parents, étudient à l’université (et non en IUT par exemple) et travaillent, cette étude révèle que «les étudiants en “mal-être” ont proportionnellement plus changé de cursus que les autres»: 32%, contre 21% dans le groupe en bonne santé et 28% des étudiants «anxieux-dépressifs».

Autre enseignement: les étudiants en situation de «mal-être» ou «anxieux dépressifs sévères» sont «moins nombreux à déclarer avoir quelqu'un sur qui compter en cas de crise». Selon l'étude, 19% des étudiants en situation de mal-être ont eu «des idées suicidaires au cours des douze derniers mois», contre 6% chez les étudiants qui vont bien (62% chez les «anxieux-dépressifs»).
    
«Réagir vite»

Ce groupe d'étudiants «rencontre des difficultés psychologiques spécifiques, qui sont réactionnelles à l'entrée dans le système et l'environnement universitaires», a expliqué Dominique Monchablon, psychiatre responsable du Relais étudiants-lycéens de Paris (Fondation santé des étudiants de France). «Mais on note que ces situations ne durent en général pas longtemps. Elles peuvent se redresser de manière spectaculaire», à condition de «réagir vite», a-t-elle ajouté, plaidant pour la mise en place de «structures légères et préventives».