Mobilisation étudiante: où en est-on ?

Morgiane Achache

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Le mouvement étudiant de contestation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités touchait lundi une grosse quarantaine de sites, un chiffre stable, alors que tous les regards étaient tournés vers la mobilisation de mardi, aux côtés des fonctionnaires, qui sera déterminante.
Le mouvement étudiant de contestation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités touchait lundi une grosse quarantaine de sites, un chiffre stable, alors que tous les regards étaient tournés vers la mobilisation de mardi, aux côtés des fonctionnaires, qui sera déterminante. — Boris Horvat AFP

Après un mois de mobilisation, le mouvement contre la loi Pécresse est sorti divisé du week-end. Cette semaine est décisive pour les étudiants grévistes.

Des tensions règnent entre étudiants

La coordination nationale étudiante, qui s’est tenue les 24 et 25 novembre à Lille, a réuni quelque 300 délégués venus de 67 universités et IUT. Dès le premier jour, des tensions sont apparues. Les délégués de l'Unef ont quitté la table des discussions. Les organisateurs leur ont reproché d’être dans une démarche de négociation avec le gouvernement. Le principal syndicat étudiant a affirmé que cette coordination n’était plus légitime.

Cette semaine a donc commencé par des tensions et des divisions. Malgré tout, une grosse trentaine de sites universitaires et une cinquantaine de lycées restaient perturbés ce mercredi, un peu moins tout de même que les jours précédents. Des tensions entre bloqueurs et anti-bloqueurs persistent, notamment à Rennes-II où quelques centaines d'étudiants anti-blocage et des membres du personnel enseignant et non-enseignant ont débloqué les bâtiments mardi matin.

Cinq milliards de plus

Lundi, François Fillon s'est engagé à formaliser, par un accord écrit, la promesse faite par Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne électorale, d'augmenter le budget de l'université. Mercredi, il signe à Matignon l'engagement de l'Etat d'augmenter le budget des universités de 50% d'ici à 2012, avec un milliard d'euros par an. L'enseignement supérieur sera la «principale priorité budgétaire pendant cinq ans». Et pendant que, mardi, 25.000 étudiants battaient le pavé, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, a ouvert ses portes aux syndicats.

Des syndicats étudiants divisés

L'Unef, premier syndicat étudiant, a estimé qu'il avait obtenu des «avancées importantes» de la part de la ministre. Il a appelé les assemblées générales dans les universités «à prendre en compte ces avancées». Il a précisé que l'Unef consulterait en parallèle mercredi et jeudi ses «adhérents pour déterminer sa position sur la suite à donner à la mobilisation».

Plusieurs autres organisations, comme la Coordination étudiante, l'Union des étudiants communistes ou Sud Etudiant, maintiennent en revanche leur appel à la mobilisation jeudi pour le retrait de la loi qui fait une plus grande place au financement privé des universités. Idem pour les syndicats lycéens UNL et Fidl qui «déplorent que Valérie Pécresse n'ait pas répondu à toutes les incertitudes que fait peser sa loi».

La ministre en a appelé, ce mercredi, «à leur sens des responsabilités, le blocage n'est jamais la solution, la violence n'est jamais la solution». «On est à quelques semaines des examens. Dans l'intérêt de tous les étudiants, oui au dialogue et non au blocage».