«Il est prématuré de parler de tueur en série»

CRIMINALITE Un homme arrêté à Mulhouse aurait commis 18 meurtres...

avec AFP

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Un homme de 68 ans, soupçonné d'être l'auteur de 18 meurtres commis entre 1980 et 2002, principalement sur des homosexuels, a été arrêté mardi à Mulhouse et est en garde à vue à Montbéliard (Doubs). Le vice-procureur de Montbéliard a déclaré qu'«au stade actuel de l'instruction, il est prématuré de parler de tueur en série».

Aidé d'un complice

Selon les éléments recueillis par «L'Alsace», le suspect est un artiste transformiste qui a été interpellé mardi à son domicile. Onze de ces crimes ont eu lieu en Alsace, quatre en Franche-Comté voisine et trois dans la région parisienne.

Un complice présumé, âgé de 43 ans, condamné en 1999 pour le meurtre d'un agent d'assurances homosexuel à Riedisheim (Haut-Rhin) et qui purge sa peine en région parisienne, a également été conduit au commissariat de Montbéliard. Les deux hommes, qui ont été un temps amants ont nié les faits, a indiqué le parquet.

Les voisins parlent d'un homme «gentil»

L'homme menait une vie en apparence paisible et ne cachait pas son homosexualité, ont déclaré des voisins. «Il était gentil et là, on apprend qu'il serait un tueur en série», s'étonne une voisine. Un autre locataire déclare qu'il «allait vers les gens et leur parlait».

Confondu grâce à un logiciel informatique

C'est la ténacité d'un policier de Montbéliard, ayant enquêté durant deux années, qui a conduit aux interpellations, rapporte le Journal l'Alsace-Le Pays, qui a révélé l'affaire.

En interrogeant le logiciel informatique Salvac (système d'analyse des liens de la violence associée au crime) de la police, le policier enquêtant sur un crime commis en 1991 à Sochaux a constaté que le nom du tueur présumé revenait dans plusieurs affaires non-élucidées, car il gravitait dans l'environnement des victimes.

Il a constaté que les crimes avaient plusieurs dénominateurs communs: les victimes, en majorité des homosexuels, ont été tuées d'un coup violent à la tête, suivi d'une multitude de coups de couteau, leur visage étant ensuite recouvert mais le corps partiellement déshabillé. Plusieurs de ces meurtres avaient été classés sans suite, faute d'éléments.