Villiers-le-Bel toujours sous tension

S. C. (avec S. O. et M. H.) - ©2007 20 minutes

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Les affrontements opposant les forces de l'ordre aux jeunes du quartier sensible de la ZAC à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), à la suite de la mort de deux adolescents à mini-moto, ont redoublé depuis dimanche. Hier, la tension est restée perceptible dans la cité, où une marche silencieuse s'est déroulée en début de soirée.

Un incident a été signalé peu avant 22 h, avec l'incendie d'un magasin. Jusque-là un impressionnant dispositif policier, soutenu sur place par François Fillon et Michèle Alliot-Marie, maîtrisait la situation. « Au moins neuf personnes » avaient été interpellées, selon la préfecture. Un hélicoptère muni d'un projecteur balayait les artères de la cité. A Toulouse, en début de soirée, d'autres incidents ont été signalés dans le quartier de la Reynerie, sans que l'on puisse établir de lien formel avec Villiers-le-Bel. La nuit de lundi à mardi a été d'une grande violence dans le Val-d'Oise. Des jeunes organisés et armés ont blessé quatre-vingt-deux policiers, dont quatre grièvement. Des affrontements ont également eu lieu dans cinq autres villes du département. Au total, soixante-trois véhicules et cinq bâtiments ont été incendiés, dont une bibliothèque et deux écoles. Aucune source ne fait état de blessé parmi les auteurs de violences. Huit d'entre eux ont été écroués hier, avec des condamnations à des peines allant de trois à dix mois de prison ferme.

Si de nombreux élus craignent la reprise d'émeutes comparables à celles de 2005, les jeunes habitants de Villiers-le-Bel se disent d'abord révoltés par la mort de leurs amis. « Nous voulons la vérité sur la mort de Larami et Moushin », répètent-ils. Selon la version officielle, les victimes de 15 et 16 ans qui pilotaient une mini-moto ont refusé la priorité à un véhicule de police. L'avocat des familles des victimes, Jean-Pierre Mignard, réclame l'ouverture d'une information judiciaire : « Vu le désordre qui règne, les versions contradictoires entendues, il faut nommer un juge d'instruction qui donnera aux familles l'accès à l'enquête, gage d'une investigation transparente », affirme ce proche de Ségolène Royal.