« Ça s'arrêtera quand justice sera faite »

Pierre Koetschet - ©2007 20 minutes

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Le frère de Larami, 18 ans, passe à la boulangerie où travaillait en apprentissage son jeune frère de 16 ans. Il refuse de donner son prénom, mais confie sa « rage » et son incompréhension. Le regard digne, la voix douce, il s'interroge sur les circonstances du drame. Témoignage.

« On veut savoir la vérité. Il n'y a pas de raison qu'ils n'aillent pas en prison parce que ce sont des policiers. Si vous aviez écrasé deux gamins à un passage piétons, vous iriez tout de suite en prison pour vingt ans », dénonce-t-il, la respiration coupée par l'émotion. Il en veut aux policiers qui « savent comment réanimer quelqu'un. Je ne comprends pas pourquoi ils l'ont laissé. Ils ont aussi laissé la voiture, la moto par terre. »

Présent à proximité, il a très vite été alerté par de grands cris. « Quand j'ai appris pour mon frère, j'ai cru que je devenais fou, je criais partout, se remémore-t-il. Tout le monde criait. Larami était encore vivant. C'est à la télé qu'ils nous ont appris sa mort. Je ne pouvais pas y croire. »

Et les autorités ? « Le gouvernement a appelé ma famille aujourd'hui, mais c'est trop tard. » Il n'en doute pas, les émeutes vont continuer, même si leurs auteurs « sont moins nombreux. Ce n'est pas de la violence, c'est de la rage. C'est la guerre, il n'y a plus de dialogue. »

Comme ses proches, le frère de Larami ne fait pas confiance à l'IGPN et réclame « une vraie enquête, avec un procès au bout. Ça s'arrêtera quand justice sera faite, quand les policiers iront en prison. »