Les maires de banlieue «inquiets, mais pas surpris»

Laure de Charette

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Ils s'époumonent depuis des mois pour «sonner le tocsin». Les maires de banlieue de tous bords se disent globalement «inquiets, mais pas surpris» par les violences.

«Cela fait tellement d'années qu'on est sur un baril de poudre qui n'attend qu'une étincelle pour exploser en bien des endroits! lâche Pierre Cardo, maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Les jeunes ont l'impression que la police et la société leur déclarent la guerre.» Pour lui, le discours du gouvernement depuis 2005 a envenimé la situation: «C'est bien de parler de sanctions en cas de dérapages. Mais le pouvoir a le devoir absolu de dire aux habitants de banlieue qu'il les aime.» Il y a encore quinze jours, lors d'un point presse sur le plan banlieues, Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois, évoquait «le sentiment d'exaspération de nombreux habitants, qui se sentent de plus en plus abandonnés». D'où «les incompréhensions et les rancunes» récurrentes, selon Xavier Lemoine, maire (UMP) de Montfermeil (Seine-Saint-Denis). «C'est à nous de retisser les liens entre les communautés. Mais la société va aussi devoir changer de regard sur nos villes.»