L'appel à la mobilisation contre la loi Pécresse bien suivi ce mardi

UNIVERSITÉS lors que l'Unef a rencontré Valérie Pécresse ce mardi après-midi...

C. F. avec nos correspondants en région et AFP

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La coordination étudiante a appellé à une journée d'action ce mardi, alors que l'Unef doit être reçue dans l'après-midi par la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse.
La coordination étudiante a appellé à une journée d'action ce mardi, alors que l'Unef doit être reçue dans l'après-midi par la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse. — Boris Horvat AFP

Les uns manifestent, les autres négocient. Alors que l’Unef est sorti satisfait de sa rencontre avec la ministre de l’Enseignement supérieur ce mardi, au moins 30.000 étudiants et lycéens ont manifesté un peu partout en France et bloqué leurs établissements pour protester contre la loi sur l’autonomie des universités. Et ce, malgré l'annonce de la signature d'un accord sur l'augmentation de 50% en cinq ans du budget de l'université, lundi.

L'un des porte-parole de la coordination nationale étudiante, Houssam El-Assimi, a appelé «l'Unef à cesser toute négociation» avec le gouvernement pour «rejoindre» son action contre la loi Pécresse, mardi lors d'une conférence de presse. «Il faut faire la distinction entre la direction de l'Unef, qui négocie et les militants, qui dans les AG, réclament majoritairement l'abrogation de la loi», a-t-il ajouté. Tour d'horizon de la mobilisation en France.

A Paris, près de 5.000 jeunes, en majorité des lycéens, et quelques enseignants, ont manifesté. Le cortège a quitté peu avant 15h30 la place de la République en direction du quartier latin, à l'appel de la coordination nationale étudiante et des syndicats lycéens UNL et Fidl, qui défilaient derrière la banderole de Paris I-Tolbiac : «Pas de négociation sans abrogation».

Par ailleurs, une vingtaine de lycées de la capitale étaient bloqués, la plupart par des barrages filtrants, selon le rectorat. Côté universités, les sites de Paris III-Censier et Paris VII étaient toujours partiellement bloqués mardi, selon l’Unef. Les étudiants entraient en outre au compte goutte dans la Sorbonne (Paris I, Paris III, Paris IV), doublement barrée par des piquets de grève et par un contrôle des cartes d'étudiants par les personnels de l'université. Le site de Paris I-Tolbiac, lui, était toujours fermé, selon l'université. A Parix-X Nanterre, la poursuite du blocage a été votée à une large majorité par une AG réunissant environ 800 étudiants.

A Lille, entre 3.000 étudiants, enseignants et lycéens, selon la police et 4.000 selon les organisateurs ont manifesté. «Aux armes, nous sommes la jeunesse et nous allons gagner», «LRU c'est foutu, la jeunesse est dans la rue» et «No Pécresse, no stress», scandaient les manifestants qui ont défilé dans une ambiance festive et bon enfant. Les universités de Lille I, Lille II (droit), Lille III (lettres), ainsi que celle d'Arras sont toujours bloquées comme quatre lycées de l'académie de Lille. En Picardie, les pôles 5 des 6 de l'université étaient bloqués ainsi que trois lycées à Amiens. A Reims, le pôle droit et lettres de la faculté est bloqué jusqu'à la prochaine Assemblée générale qui devrait avoir lieu mercredi. Aucun lycée n'est bloqué dans l'académie de Reims, mais un sit-in réunissant étudiants et lycéens avait lieu dans l'après-midi devant le rectorat.

Les étudiants de l'université Montpellier 2 (sciences) ont voté contre la poursuite du blocage mais pour la grève. De son côté, Montpellier 3 (Lettres et sciences humaines) est fermée administrativement depuis le 16 novembre, après l'évacuation des personnes qui occupaient différents bâtiments. Les conditions de mise en oeuvre de la réouverture de l'université devaient être examinées mardi.

Dans la région Midi-Pyrénées, une dizaine de lycées ont été bloqués ce mardi matin, selon le rectorat. A Toulouse, 2.000 élèves des lycées et facs ont défilé dans les rues en milieu d'après-midi. Certains lycées ont été bloqués (Saint-Sernin) ou envahis comme le lycée Ozenne. Dans la manifestation, on retrouvait aussi des lycéens venus de Saint-Gaudens ou de Tarbes. Dans cette ville, environ 800 lycéens appartenant à quatre établissements d'enseignement général ou professionnel bloqués ont manifesté dans les rues de la ville.

Dans les Pyrénées orientales, quelque 500 étudiants et lycéens, selon la police, 600 selon les organisateurs, ont manifesté à Perpignan, alors que les lycées du département se sont joints au mouvement de blocage.

En Bretagne, seuls trois ou quatre lycées étaient bloqués, à la connaissance du rectorat, alors que près d'une douzaine étaient bloqués à Nantes et dans son agglomération. A Rennes, entre 1.500 étudiants et lycéens, selon la police, et 3.000 selon les organisateurs, ont manifesté. La direction de l'université Rennes 2 a mis fin aux cours mardi après-midi et a fait sortir les étudiants des bâtiments, pour éviter une nouvelle occupation et d'éventuels affrontements avec d'autres étudiants manifestant contre la loi Pécresse.

A Bordeaux, entre 1.500 étudiants et lycéens, selon la police, et 2.000, selon les organisateurs, ont manifesté. «Nous ne voulons pas du modèle de consommation au sein de l'université», a dénoncé Caroline, étudiante aux Beaux-arts en 3e année. «Pourquoi les entreprises ne verseraient-elles pas leurs fonds à l'Etat, qui les redistribuerait aux universités de manière équitable?», s'est-elle interrogé.

A Lyon, entre 850 étudiants et lycéens, selon la police, et 2.000, selon les organisateurs, ont défilé. «On restera mobilisés jusqu'à l'abrogation de la loi Pécresse», a souligné, dans le cortège, Emmanuelle Linage, militante à l'Unef. A Saint-Etienne, ce sont environ 800 étudiants et lycéens, selon la police, qui ont manifesté en fin de matinée. Certains d'entre eux ont essayé, en vain, d'occuper la gare SNCF, mais aucun incident n'a eu lieu. L'université Lyon II était toujours bloquée mardi, tandis qu'à Lyon III et Lyon I des assemblées générales étaient prévues mardi et mercredi, mais sans blocage.