Semaine décisive pour le mouvement étudiant, divisé

EDUCATION Les uns rencontrent Valérie Pécresse, les autres continuent la mobilisation...

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La contestation contre la loi Pécresse a pris une ampleur nouvelle jeudi avec la participation de plus en plus notable des lycéens, tandis que le gouvernement et l'Unef donnaient le sentiment de vouloir renouer un dialogue, mais sans perspective concrète à ce stade.
La contestation contre la loi Pécresse a pris une ampleur nouvelle jeudi avec la participation de plus en plus notable des lycéens, tandis que le gouvernement et l'Unef donnaient le sentiment de vouloir renouer un dialogue, mais sans perspective concrète à ce stade. — Thomas Coex AFP

La mobilisation étudiante contre la loi Pécresse va-t-elle s'essoufler ou se radicaliser? La rupture entre l'Unef et la coordination nationale étudiante samedi dernier a marqué un tournant, mettant en lumière les divisions internes au mouvement.

L'Unef reçu «probalement mardi»

L'Unef va rencontrer Valérie Pécresse, «probablement mardi», tandis que la coordination nationale étudiante appelle au contraire à poursuivre la mobilisation mardi et jeudi.

«La position de l'Unef de ne pas joindre sa voix à celle de la coordination est un signe qui va dans le sens de l'apaisement», a précisé l'entourage de la ministre de l'Enseignement supérieur dimanche.

Le principal syndicat étudiant a refusé de siéger au sein de la coordination réunie à Lille ce week-end, cette dernière exigeant l'abrogation pure et simple de la loi sur l'autonomie des universités.

Trouver une issue à la crise

«La coordination est la seule légitime à parler» au nom des étudiants, avait déclaré dimanche un de ses porte-paroles, Edouard, en ajoutant qu'elle était composée de «délégations issues des AG de chaque université».

Pourtant dimanche soir, le président de l'Unef, Bruno Julliard, qui réclamait «l'ouverture de discussions avec le gouvernement» depuis une semaine, a obtenu une invitation de Valérie Pécresse.

Des travaux d'approche entre étudiants, acteurs universitaires et gouvernement, destinés à trouver une issue concertée à la crise, s'étaient poursuivis toute la fin de la semaine.

«Bienvenue au goulag»

Ces discussions se poursuivront donc parallèlement aux mobilisations de mardi 27 et jeudi 29 novembre, et de la «journée de solidarité nationale avec les sans-papiers le 3 décembre» et d'une «Journée de mobilisation interprofessionnelle le 4 décembre», à l'appel de la coordination nationale.

Dimanche après-midi, celle-ci a demandé aux délégués de l'Unef de «réintégrer» l'Assemblée générale.

«C'est un peu tard d'appeler à l'unité une fois que l'organisation de la coordination a refusé de nombreux mandatés de l'Unef et les a fait passer par une salle où il y avait marqué sur un tableau noir "bienvenue au goulag"», a réagi une porte-parole de l'Unef, pour qui la coordination réunie à Lille n'est plus légitime.



Sites universitaires Sur le terrain, vendredi, une petite cinquantaine de sites universitaires étaient toujours perturbés à des degrés divers, ainsi que plus de 80 lycées.