Julien Dray: Sarkozy "m'a proposé d'être ministre"

POLITIQUE Le porte-parole du PS a lui aussi été approché par le président...

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Le porte-parole du PS Julien Dray a demandé vendredi au président Jacques Chirac de "ne pas prendre le risque d'un drame" et de "trouver une porte de sortie honorable", au lendemain des manifestations anti-CPE qui ont parfois été émaillées de violences.
Le porte-parole du PS Julien Dray a demandé vendredi au président Jacques Chirac de "ne pas prendre le risque d'un drame" et de "trouver une porte de sortie honorable", au lendemain des manifestations anti-CPE qui ont parfois été émaillées de violences. — Stéphane de Sakutin AFP

Le porte-parole du PS Julien Dray a confirmé dimanche sur Canal+ que le président Nicolas Sarkozy lui avait proposé d'être ministre et qu'il avait refusé son offre.

"Oui, il m'a proposé d'être son ministre", a déclaré le député de l'Essonne, enchaînant: "ça fait longtemps qu'on se connaît, qu'on se combat, qu'on s'apprécie".
Pour autant, a-t-il poursuivi, "je ne voyais pas ce que j'allais faire dans ce dispositif, moi, je suis un socialiste, j'appartiens à ma famille".

Julien Dray a assuré qu'il n'avait pas de "plan de carrière" passant "par la case ministre, obligatoirement".
"Je suis plus utile à ma famille politique et même à la démocratie en faisant le travail que je fais aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Et comme on l'interrogeait sur sa réponse si l'occasion se représentait, il a affirmé qu'il refuserait de nouveau "à ce stade, avec encore plus de raisons".
"Les désaccords sont patents", a expliqué Julien  Dray. "Je ne vois pas comment je pourrais siéger à la table d'un conseil des ministres qui envoie aujourd'hui des CRS dans les facs sans prendre le temps du dialogue et de la discussion, même si je ne suis pas d'accord avec le blocage", a-t-il développé.

Julien Dray n'a pas précisé si le président lui avait offert un portefeuille en particulier, mais des rumeurs insistantes affirmaient qu'il avait été approché pour l'Intérieur.

Plusieurs ministres "d'ouverture", issus notamment des rangs du PS, ont rejoint le gouvernement de Nicolas Sarkozy, semant le trouble parmi les socialistes. Interrogé sur le futur premier secrétaire du PS, Julien Dray a estimé que Ségolène Royal, dont il a fait partie de la garde rapprochée, pouvait "exister au regard de ce qu'elle représente dans le pays autrement qu'en étant chef du Parti socialiste, surtout si ça bloque". "Il faut faire attention et d'ailleurs elle est prudente parce qu'il ne s'agit pas de rouvrir la guerre des chefs", a-t-il observé.

Mais si sa candidature devait "créer tout de suite un front anti-Ségolène Royal, ça ne sert à rien, ça veut dire qu'on est paralysés pendant des années", a enchaîné le porte-parole du PS, qui vient de publier "Règlement de comptes" chez Hachette Littérature.
Commentant la dernière phrase de ce livre --"Pour sauver le PS, il faut changer ou mourir"--, le député de l'Essonne a estimé que, pour son parti, "le danger est qu'une force modérée prenne sa place, comme essaie de le faire François Bayrou, ou qu'il y ait une autre aile du Parti socialiste qui aille vers la radicalité".
Julien Dray plaide ainsi pour placer le PS "au coeur d'une coalition arc-en-ciel, c'est-à-dire une gauche moderne, bien dans son temps".