Combien va coûter la réforme des régimes spéciaux?

RETRAITES La SNCF évoque 80 millions d'euros par an...

Catherine Fournier

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Le pouvoir a réussi à éviter une grève aussi longue qu'en 1995 sur les régimes spéciaux, mais le climat social reste lourd, avec des tensions possibles dans les négociations à la SNCF avant Noël et un mécontentement croissant sur le pouvoir d'achat.
Le pouvoir a réussi à éviter une grève aussi longue qu'en 1995 sur les régimes spéciaux, mais le climat social reste lourd, avec des tensions possibles dans les négociations à la SNCF avant Noël et un mécontentement croissant sur le pouvoir d'achat. — Mychèle Daniau AFP

Si l’on commence à chiffrer le coût de la grève, on ne connaît pas encore précisément celui de la réforme des régimes spéciaux. Ou plutôt des «mesures d’accompagnent» à la charge des entreprises. De fait, leur montant exact ne pourra être détaillé qu’à l’issue des négociations mi-décembre.

80 à 90 millions par an pour la SNCF


L’agenda chargé des tables rondes laisse toutefois présager une somme conséquente: prise en compte des primes dans le calcul de la pension, mise en place d’un dixième échelon d’ancienneté à la SNCF, compléments de retraite... Selon «Le Figaro», l’Elysée, qui craint d’être accusé d’une «réforme en trompe-l’œil», a demandé une certaine discrétion aux entreprises.

La SNCF a tout de même avancé le chiffre de 80 à 90 millions d’euros par an pour compenser le passage à 40 ans de cotisation. Avant de se rectifier. La présidente, Anne-Marie Idrac a souligné qu'il s'agit là «d'un ordre de grandeur, mais ce n'est pas par an, c'est sur l'évolution de l'ensemble du système». «On ne va pas non plus être irresponsable, ce qui serait le cas si on mettait en péril la capacité de développement de l'entreprise ou encore si on venait à rembourser la réforme, ce qui n'est pas le but», a-t-elle souligné.

D’après «Le Figaro», qui cite un cadre de l’entreprise, la SNCF a toutefois les moyens de financer elle-même les 14 propositions qu’elle a faites aux grévistes, celles-ci représentant 1,4% de la masse salariale de l’entreprise.

30 millions à la RATP?

Du côté de la RATP, le quotidien évoque le chiffre officieux de 30 millions d’euros par an. Officiellement, la direction a indiqué que les conséquences économiques des mesures de compensation seraient estimées et communiquées le 13 décembre à l’issue des négociations le 13 décembre. «Il faut que ces contreparties soient compatibles avec les capacités économiques de la RATP», indiquait Pierre Mongin, son président. Et n’entachent pas le «succès» du gouvernement dans cette réforme.