Martin Hirsch lance le «Grenelle de l'insertion»

Sa. C. avec AFP

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Le Haut-Commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch a lancé lundi officiellement l'expérimentation du Revenu de solidarité active (RSA) dans seize départements, lors de la signature à Creil (Oise) de la convention qui engage ce département.
Le Haut-Commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch a lancé lundi officiellement l'expérimentation du Revenu de solidarité active (RSA) dans seize départements, lors de la signature à Creil (Oise) de la convention qui engage ce département. — Bertrand Guay AFP/Archives

Le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, lance vendredi et samedi, à Grenoble, un «Grenelle de l'insertion» qui devrait durer six mois. Objectif: repenser les dispositifs d'insertion et d'aides sociales.
 
Les travaux commenceront vendredi avec un éclairage international et les interventions de Laurence Parisot, présidente du Medef, et François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, avant de se poursuivre samedi par une large confrontation d'idées entre associations, syndicats et élus locaux.
 
«Bousculer» le modèle social
 
Le 2 octobre à Dijon, Nicolas Sarkozy avait repris au bond la suggestion d'un responsable d'entreprise d'insertion en confiant à Martin Hirsch le soin d'organiser un Grenelle de l'insertion, comme celui de l'environnement.
 
Le Chef de l'Etat avait alors affiché son intention de «mettre le paquet» pour «bousculer» le modèle social, affirmant notamment refuser une «politique d'assistanat généralisé». Des pistes sont tracées, certaines déjà expérimentées, comme le RSA, «revenu de solidarité active» lancé dans une quarantaine de départements. Il permet un retour à l'emploi de bénéficiaires de minima sociaux sans perte de revenus, grâce à un complément versé par les départements ou l'Etat.
 
Le RSA concerne aujourd'hui Rmistes et bénéficiaires de l'API (parent isolé), mais, pour le gouvernement, il appelle à terme une réforme globale des minima sociaux, dont bénéficient 3,5 millions de personnes. «Il ne devrait pas y avoir de minimas sociaux sans contrepartie d'une activité minimum», avait estimé Nicolas Sarkozy.
 
Diminuer d'un tiers en cinq ans le nombre de pauvres
 
Deuxième piste, regarder de près les contrats aidés. Ces contrats, qui se déclinent en une dizaine de formules (contrat initiative emploi, contrat d'accès à l'emploi, contrat d'avenir notamment), sont encadrés par des règles strictes de volume de travail, nature de contrat, durée d'aide à l'employeur. Le chef de l'Etat souhaite la mise en place d'un «contrat unique d'insertion» fusionnant tous les contrats existants, et valable dans le public comme le privé.
 
Alors que la pauvreté en France ne baisse plus depuis 2000, le gouvernement table sur cette réforme pour diminuer d'un tiers en cinq ans le nombre de pauvres: ils étaient 7,1 millions en 2005 à vivre avec moins de 817 euros par mois.