Les cheminots reprennent, mais gare !

Bastien Bonnefous (avec AFP) - ©2007 20 minutes

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« On préfère dire suspension de la grève, plutôt que reprise du travail », précise un cheminot. La grève à la SNCF et la RATP devrait se terminer aujourd'hui, après neuf jours de blocage. Les deux entreprises ont annoncé hier une reprise progressive du trafic aujourd'hui, et un trafic quasi normal ce week-end. « La suspension du mouvement est quasi unanime chez les cheminots, avec 99 % de votes des assemblées générales en faveur de la reprise, dans l'idée de peser sur les négociations qui se sont ouvertes », a déclaré hier Grégory Roux, secrétaire fédéral de la CGT-Cheminots.

La veille, à l'issue des premières rencontres tripartites Etat-directions-syndicats, les centrales avaient salué les « premiers points marqués » par les cheminots, en particulier l'intégration des primes dans le calcul des pensions. Seul SUD-Rail, le syndicat plus radical depuis le début, s'est opposé à la reprise, exigeant toujours le retrait pur et simple de la réforme des régimes spéciaux.

Côté RATP, la direction a fait état hier d'une « très nette tendance à la reprise »- avec seulement 11,7 % de grévistes - et annoncé pour aujourd'hui un trafic encore « perturbé, mais en nette amélioration », avec 70 % des métros. Mais SUD-RATP a prévenu qu'elle déposerait dès aujourd'hui de nouveaux préavis afin de pouvoir reprendre les grèves « aux alentours des 18 ou 20 décembre », soit la fin prévue des négociations, si elle le jugeait nécessaire.

Dans les AG, si l'ambiance était à la reprise, on s'est affiché avant tout vigilant. « On a commencé tous ensemble, si on s'arrête c'est tous ensemble, pour mieux repartir s'il le faut », a expliqué hier un cheminot à la gare de Lyon à Paris. A Marseille, un responsable CGT a confié que « le fait de ne pas être payé, a commencé à peser dans les esprits ». De son côté, François Fillon s'est félicité de « l'attitude responsable » des syndicats. Mais le Premier ministre a surtout rendu « hommage » à la « patience » des Français qui « ont vécu des galères inacceptables ». « Cette France-là, le gouvernement l'a entendue », a-t-il déclaré.