«Interdire le voile en public pour le symbole»

INTERVIEW Françoise Hostalier, députée UMP du Nord, rédige une circulaire visant à interdire le port du voile dans les établissements publics.

Recueilli par Vincent Vantighem, à Lille

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Françoise Hostalier est députée UMP de la 15e circonscription du Nord (Hazebrouck). Ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement scolaire (1995), elle rédige actuellement une circulaire visant à interdire le port du voile dans les établissements publics. Même si elle pense que le texte ne passera pas, elle compte le déposer, «pour le symbole», dans les deux ou trois semaines à venir. Interview.

Vous rédigez en ce moment une circulaire visant à interdire le port du voile dans les établissements publics. Pour quelles raisons?

Pour le respect des femmes et des lois françaises. Cela s'est bien passé dans les écoles. Alors, pourquoi pas dans les mairies ou les hôpitaux? Je trouve ça choquant qu'une femme voilée des pieds à la tête accompagne son fils lors d'un voyage scolaire, par exemple. En revanche, le foulard élégant de Benazir Bhutto ou le bandana des jeunes filles ne me dérangent pas...

Comment vous êtes-vous retrouvée à la tête de ce dossier?

J’ai défendu les femmes voilées en Algérie en 1997, à l’époque où le GIA sévissait. Et puis, il y a quelques temps, la gérante d’un gîte a été condamnée pour avoir demandé à une de ses locataires d’enlever son voile (elle a fait appel, ndlr). C’est scandaleux. Elle est descendue voilée dans la salle commune du gîte, c’est comme si elle était descendue seins nus…

N'avez-vous pas peur créer une nouvelle polémique?

Le sujet est délicat, mais le but n'est pas de mettre le feu aux poudres. Ça me serre juste le coeur de voir des femmes accepter ça dans un pays de liberté. La dernière fois à l’hôpital, j’ai vu une jeune femme recouverte d’un truc marron affreux. Comment peut-on accepter ça?

Pensez-vous que cette circulaire sera soutenue par le gouvernement?


Non, je ne me fais pas d'illusions. Elle ne sera jamais mise à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale en raisons des contraintes politiques et diplomatiques. Je fais ça pour le symbole.