Mobilisation réussie pour la grève de mardi

MOUVEMENTS SOCIAUX Autour de 30% de grévistes dans la fonction publique...

P. K. (avec AFP)

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L'agitation sociale est montée d'un cran mardi avec la grève des fonctionnaires pour le pouvoir d'achat, qui a entraîné des retards dans les aéroports et était bien suivie dans l'Education nationale, au septième jour du mouvement à la RATP et la SNCF.
L'agitation sociale est montée d'un cran mardi avec la grève des fonctionnaires pour le pouvoir d'achat, qui a entraîné des retards dans les aéroports et était bien suivie dans l'Education nationale, au septième jour du mouvement à la RATP et la SNCF. — Valery Hache AFP

Y a-t-il eu plus ou moins de 30% de grévistes dans la fonction publique? Gouvernement et syndicats s’opposent ce mardi soir autour de ce chiffre symbolique. La veille, le secrétaire d’Etat à la fonction publique, André Santini, avait expliqué que ce chiffre signifiait une mobilisation conséquente. «Une grève moyenne dans la fonction publique, c'est 30%.»

Mardi soir, le ministre de la Fonction publique, Eric Woerth, a annoncé que la grève dans la Fonction publique d'Etat avait mobilisé «un peu moins de 30%» des agents.

«Un vrai saut quantitatif et qualitatif»

Des chiffres pas vraiment en accord avec ceux des syndicats. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a salué la mobilisation «importante» des fonctionnaires, en particulier les gros défilés de manifestants en province, appelant le gouvernement à «tirer les conséquences» du faible pouvoir d'achat des fonctionnaires. «On est bien au-delà des 30%, mais déjà en soit 30% est un chiffre important, c'est une grève bien suivie, elle marque un vrai saut quantitatif et qualitatif.»

Les manifestations ont été suivies par 375.000 personnes dans toue la France, selon la police, 700.000 selon Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. Les manifestations ont été particulièrement suivies en province, notamment à Toulouse (17.000 manifestants selon la police, 35.000 selon les syndicats) et Marseille, où le nombre de manifestants dépassait celui du 18 octobre.

Les cortèges étaient néanmoins moins fournis que lors des manifestations anti-CPE, dernier mouvement social de grande ampleur.

Chérèque hué

Les leaders syndicaux n’ont pas écarté l’idée de nouvelles mobilisations. «Le gouvernement fait comme si c'était un moment de mauvaise humeur qui va passer: si on n'a pas de réponse, on va rapidement se poser la question d'une suite de la grève (...) courant décembre», a prévenu Gérard Aschieri, de la FSU.

La manifestation parisienne a été marquée par les critiques adressées à la CFDT. François Chérèque, qui défilait dans le «carré de tête», aux côtés de Bernard Thibault (CGT), Gérard Aschieri (FSU), et Alain Olive (Unsa), s’est fait huer par quelques dizaines de manifestants qui n'acceptent pas son attitude dans la grève actuelle à la SNCF. Il a dû ensuite quitter la manifestation, comme avait dû également le faire Nicole Notat, en 1995.

Pour la première fois depuis le début de la grève dans les transports, Nicolas Sarkozy s’est exprimé. Il a appelé à «terminer la grève» et en promettant des initiatives en faveur du pouvoir d'achat.