Chavez remet à plus tard les preuves montrant que Betancourt est en vie

Sa. C. avec AFP

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Le président Nicolas Sarkozy a reçu mardi matin la famille d'Ingrid Betancourt
Le président Nicolas Sarkozy a reçu mardi matin la famille d'Ingrid Betancourt — Eric Feferberg AFP

Le chef de la guérilla colombienne des Farc, Manuel Marulanda, «a promis dans une lettre une preuve de vie avant la fin de l'année». C'est ce qu'a affirmé Hugo Chavez à l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy. Le président vénézuelien n'a donc pu fournir la preuve de vie attendue depuis cinq ans par la famille d'Ingrid Betancourt.

Hugo Chavez avait pourtant affirmé, à plusieurs reprises ces derniers jours, qu'il n'entendait pas venir «les mains vides» à Paris où Nicolas Sarkozy l'a reçu, mardi. Selon son porte-parole David Martinon, Nicolas Sarkozy, qui ne s'est pas exprimé devant la presse à l'issu de l'entretien avec le président vénézuélien, a rappelé à Hugo Chavez que «ces preuves de vie étaient indispensables».

La famille d’Ingrid Betancourt inquiète

Le président français a reçu en début d'après-midi la famille de l'otage franco-colombienne, dont ses enfants Mélanie et Lorenzo. Après cet entretien, la fille d'Ingrid Betancourt a insisté elle aussi sur l'importance de recevoir une preuve que sa mère est en vie tout en estimant que la situation était «vraiment positive par rapport à ce qu'elle a été au cours des dernières années».

«Le président Sarkozy et le président Chavez sont tous les deux très investis et veulent vraiment faire avancer les choses. Le président Chavez nous assure que maman est en vie, il en est sûr. Maintenant, nous avons tout de même besoin d'une preuve de vie», a-t-elle déclaré.

Fin de la médiation

Dans la matinée, Fabrice Delloye, ex-mari et père des enfants d’Ingrid Betancourt, avait en revanche exprimé son inquiétude et sa déception. «Pourquoi les Farc ne donnent pas ces preuves de vie alors qu'ils ont réussi à traverser la jungle pour se rendre à Caracas» discuter avec Hugo Chavez ? s'est-il interrogé.

Il a également souligné sur i-télé que «si dans les quinze jours on n'a pas de preuve de vie, la médiation (de Chavez) n'est plus valide».

«Dans cette histoire, les gagnants sont les Farc, en quête de reconnaissance depuis leur inscription sur la liste des organisations terroristes, en 2001, souligne Maurice Lemoine, directeur adjoint du Monde diplomatique. En étant reçus au palais présidentiel d’Hugo Chavez, une partie de leur objectif a été atteint, à savoir négocier avec un dirigeant, chose que leur refuse le président colombien, Alvaro Uribe.»

Bogota a fixé lundi soir une date-butoir à la médiation du président vénézuélien, lui donnant quinze jours pour parvenir à un accord.

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