Procès des agresseurs de Jean-Claude Irvoas

Sa. C. avec AFP

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Quatre jeunes hommes comparaissent de mardi à vendredi devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis pour la mort de Jean-Claude Irvoas, décédé à 56 ans des suites de son agression.

Agressé pour une photo

Le 27 octobre 2005 en milieu d'après-midi, l’homme, consultant pour une société d'éclairage public, arrête sa voiture rue de Marseille, à Epinay-sur-Seine, pour photographier des lampadaires installés par son client. Autour de lui, des jeunes se livrent à la revente de résine de cannabis. Sous les yeux de son épouse et de sa fille, il est alors agressé par un jeune, puis deux, qui s'emparent de son appareil photo. L’homme ne se laisse pas faire et le ton monte. Selon plusieurs témoignages, un des agresseurs revient vers lui et le frappe. La victime chute. L'employé s'est «présenté comme un policier de Nanterre», assurera l’un de ses agresseurs présumés aux enquêteurs, expliquant avoir vu Jean-Claude Irvoas prendre une photo de transaction.

Selon l'autopsie, Jean-Claude Irvoas, décédé dans la soirée, est mort d'un traumatisme crânien dû «à sa chute sur un rebord anguleux ou à un coup violent direct à la nuque». Son corps porte de multiples lésions, à la joue, aux épaules et aux cervicales notamment, laissant penser qu'il a été roué de coups. Le passage à tabac est contesté par plusieurs accusés. La fille de Jean-Claude Irvoas, elle-même, témoignera d'un seul coup de poing porté «à la poitrine» de son père.

Contusions «inexpliquées»

La confrontation de ces résultats d'autopsie avec les déclarations, les bandes de vidéo-surveillance, et la reconstitution laissent «inexpliquées» certaines contusions, selon une source proche de l'enquête. Ce point devrait être largement abordé.

Ce procès sera aussi l'occasion d'examiner la personnalité, relativement ordinaire des accusés. Les quatre jeunes hommes, âgés de 21 à 25 ans, comparaissent pour «vol suivi de violences ayant entraîné la mort». Le plus jeune, resté à l'écart de la scène, est jugé pour complicité.
Petits vendeurs de cannabis, ce ne sont pas de gros caïds. D’eux d’entre eux ont déjà été condamnés une fois, l’un pour violences sur sa petite amie, l’autre pour transport de stupéfiants. Le verdict est attendu vendredi.