L'ex-stagiaire se défend de tout espionnage industriel

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Le tribunal correctionnel de Versailles doit examiner aujourd'hui le cas de Li Li, une étudiante chinoise aujourd'hui âgée de 24 ans et soupçonnée d'espionnage industriel chez l'équipementier Valeo à la Verrière (Yvelines). La jeune fille a été mise en examen en avril 2005 et incarcérée pendant cinquante-trois jours. Comment a-t-on bien pu en arriver là ?

Pendant son stage chez Valeo en 2005, Li Li, étudiante brillante, bardée de diplômes et d'une « exceptionnelle compétence », selon une source proche du dossier, a transféré des données confidentielles sur son disque dur personnel pour les sauvegarder. C'est bien ce que lui reproche Valeo, qui l'attaque pour « abus de confiance » et « accès frauduleux à un système informatique » et lui réclame 150 000 euros de dommages et intérêts. Même si le PDG, Thierry Morin, tempère l'accusation en affirmant : « C'était une banale affaire d'appropriation de données confidentielles, mais nous n'avons jamais parlé d'espionnage. »

Pour sa défense, la Chinoise, qui travaille actuellement sur une thèse de doctorat, a toujours nié tout piratage. Elle a expliqué ne pas avoir prêté attention en signant la charte de confidentialité et donc ignoré qu'il était interdit d'utiliser un disque dur externe. Enfin, elle réfute avoir transmis ces informations à quiconque. En effet, après deux ans d'enquête et plusieurs commissions rogatoires internationales, aucun transfert à l'étranger n'est apparu, ajoute son avocat Me Raphaël Pacouret. Selon lui, sa seule faute est de s'« être rendue coupable de légèreté » et il plaidera la relaxe.