Les étudiants verrouillent leur blocage

Laure de Charette - ©2007 20 minutes

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Le bras de fer s'intensifie. Valérie Pécresse a reçu hier les cinq organisations étudiantes représentatives, ainsi que les représentants de la conférence des présidents d'universités (CPU). La ministre de l'Enseignement supérieur a appelé à « la levée des blocages » contre sa loi sur l'autonomie des universités, votée en août dernier, estimant qu'« à quelques semaines des examens, c'est toute l'année universitaire d'un étudiant qui peut être mise en danger ». Porte-parole de la CPU, Michel Lussault, a d'ailleurs précisé que « la majorité des enseignants-chercheurs ne changeraient pas leurs cours et n'aménageraient rien. L'idée d'un premier semestre avec des aménagements pour compenser les semaines de cours perdues, qui circule dans certaines AG, est erronée. »

De son côté, Bruno Julliard, le président de l'Unef (principal syndicat étudiant de gauche), qui pourrait reprendre le mouvement en main, a estimé que la discussion avec Valérie Pécresse, qui a duré trois quarts d'heure environ, n'avait « pas été du tout concluante ». La ministre « a pris note de nos revendications, elle ne s'est engagée sur aucun des sujets », a-t-il regretté. Il a appelé à « poursuivre et amplifier la mobilisation dans les universités en participant massivement aux assemblées générales et en votant la grève ». Tout en précisant que les blocages ne se justifient que s'ils sont « le fait d'une majorité ». Quoi qu'il en soit, 42 sites universitaires, correspondant à 40 universités sur un total de 85, étaient perturbés hier dont 29 bloqués à des degrés divers.

A Rennes-II, les cours ont repris hier après l'évacuation dans la nuit des jeunes qui bloquaient l'université depuis le 6 novembre. Mais à Marseille, des étudiants ont voté la suspension des cours jusqu'à mardi prochain, pour pouvoir préparer leur participation à la mobilisation des fonctionnaires. Un rassemblement de plusieurs syndicats du secondaire doit avoir lieu aujourd'hui à 14 h devant l'Assemblée nationale, au moment du vote du budget 2008 de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.