La grève continue, la SNCF propose de négocier mercredi

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Six syndicats de la SNCF (CGT, Sud-Rail, CFTC, FO, Unsa et CFE-CGC) avaient appelé vendredi à poursuivre le mouvement. Seule la CFDT-Cheminots s'est prononcée pour la reprise du travail, fragilisant l'unité syndicale.
Six syndicats de la SNCF (CGT, Sud-Rail, CFTC, FO, Unsa et CFE-CGC) avaient appelé vendredi à poursuivre le mouvement. Seule la CFDT-Cheminots s'est prononcée pour la reprise du travail, fragilisant l'unité syndicale. — Olivier Morin AFP

Aucune issue ne semblait se dessiner samedi au quatrième jour du conflit dans les transports, avec toujours de fortes perturbations du trafic, alors que plusieurs syndicats ont rejeté d'emblée de nouvelles propositions de négociation.

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La radio RTL a affirmé samedi soir qu'au cours de discrètes négociations, un accord aurait été conclu en coulisse vendredi entre le ministre du Travail et la CGT cheminots, puis suspendu après intervention du secrétaire général Bernard Thibault.

A la CGT, un porte-parole de la confédération a démenti à l'AFP que Bernard Thibault ait vu Xavier Bertrand. Par ailleurs, Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT Cheminots a également affirmé qu'il n'y avait eu «ni rencontre ni négociation», mais il a reconnu avoir des «contacts téléphoniques tout à fait normaux» avec le gouvernement et la direction de la SNCF.

«L'opinion publique ne comprendrait pas d'ailleurs qu'on n'en ait pas, j'en ai tous les jours avec la SNCF, je peux en avoir avec le cabinet de Xavier Bertrand, avec d'autres ministères», a-t-il dit à l'AFP.

En attendant, les trois quarts des assemblées générales de cheminots ont reconduit le mouvement jusqu'à lundi, a indiqué à l'AFP Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots, laissant entrevoir une éventuelle jonction de cette grève contre la réforme des régimes de retraite spéciaux avec celle des fonctionnaires prévue mardi.

Décrue enregistrée

Aucun taux de grévistes n'a été publié samedi par les directions de la SNCF ni de la RATP, après la décrue enregistrée vendredi à la SNCF (32,2% de grévistes, selon la direction, contre 61,5% mercredi) comme à la RATP (33,3% contre 44%). Néanmoins les perturbations samedi, et celles prévues pour dimanche, suffisaient à elles seules à montrer que le mouvement était loin d'être résorbé.

Dans l'espoir «d'accélérer la sortie du conflit», la SNCF a envoyé vendredi soir aux syndicats un document --suivi samedi d'une lettre de la présidente Anne-Marie Idrac-- proposant d'ouvrir des négociations sur un mois à partir de mercredi en présence d'un représentant de l'Etat, comme l'avait demandé la CGT, premier syndicat de l'entreprise ferroviaire.

Réaction catastrophique

L'Unsa, Sud-Rail et FO lui ont immédiatement opposé une fin de non recevoir. La CGT-Cheminots, premier syndicat de l'entreprise, a réclamé «l'assurance de pouvoir négocier sur l'ensemble des éléments de la réforme». Pour Eric Falempin, secrétaire général de FO-Cheminots, la réaction des AG par rapport aux documents envoyés par la direction pourrait être «catastrophique» lundi, alors que le dialogue de sourds avec le gouvernement se poursuit.

Seule, la CFDT-cheminots, avant même l'envoi du texte, s'était prononcée pour la reprise du travail. «On a fait croire à certains des salariés que la grève allait s'amplifier, que le grand public allait suivre et qu'on allait pouvoir revenir à 37,5 ans. C'est faux!», a estimé le secrétaire confédéral de la CFDT Jean-Louis Malys dans «le Parisien» samedi.

Appel à la reprise

Le Premier ministre François Fillon a déclaré que «chacun» devait «prendre ses responsabilités», jugeant que le gouvernement avait pris les siennes en acceptant qu'un représentant de l'Etat participe à ces négociations, et que tous les sujets soient abordés, hormis les principes généraux de la réforme.

François Fillon a par ailleurs posé comme condition à toute négociation un «appel à la reprise» du travail, durcissant le ton après des déclarations plus conciliantes du conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, qui avait écarté tout «préalable». Il s'est aussi félicité de la fin de la grève dans l'énergie (EDF, GDF), où une première réunion syndicats-patronat-Etat - en l'absence de la CGT - s'est déroulée vendredi.

Trafic

Le trafic à la SNCF était toujours perturbé samedi avec 180 TGV en circulation contre 500 habituellement. Eurostar (Paris-Londres) et Thalys (notamment Paris-Bruxelles) circulaient normalement. En province, 40% du trafic des TER était assuré.

Dimanche, 250 TGV sur environ 700 devraient circuler et 45 Corail (grandes lignes hors TGV) sont prévus.

A la RATP, c'était le statu quo avec un métro sur cinq en moyenne samedi et un trafic quasi-nul sur quatre lignes vers 16H00. Côté RER, la ligne A affichait un trafic quasi nul. Aucun train ne circulait sur la B. La situation ne devrait pas connaître d'amélioration d'ici la fin du week-end.