Sud-Rail refuse de négocier "l'application de la réforme"

MOUVEMENT SOCIAL Le syndicat déclare ne pas avoir reçu le document de méthode remis vendredi soir par la SNCF aux autres organisations...

avec AFP

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Le syndicat Sud-Rail, qui déclare ne pas avoir reçu le document de méthode remis vendredi soir par la SNCF aux autres organisations syndicales, a indiqué en avoir pris connaissance et refuse de "négocier l'application de la réforme".

"Alors que les cheminots ne veulent pas de l'allongement de la durée de cotisation, des décotes, de la désindexation des pensions (...) aucun syndicat ne peut accepter d'aller négocier la mise en oeuvre de ces principes", souligne le deuxième syndicat de la SNCF dans un communiqué.

"On nous propose de discuter seulement de l'application de la réforme!", s'indigne le syndicat.
Sud-Rail a par ailleurs adressé un courrier, vendredi, au ministre du Travail Xavier Bertrand lui demandant une nouvelle fois de "renoncer à l'allongement de la durée de cotisation de 37,5 annuités à 40 puis à 41, aux décotes, à la désindexation des pensions par rapport aux salaires". "Nous ne refusons nullement la négociation, nous refusons que vous fixiez vous seul le cadre qui serait celui de la réforme", poursuit-il.

Dans son document de méthode, dont l'AFP a obtenu copie, la SNCF rappelle en effet le cadre général de la réforme et les "principes communs d'harmonisation des régimes spéciaux".

L'allongement de la durée de cotisation à 40 ans, l'introduction d'une décote et l'indexation des pensions sur les prix sont les "trois piliers" non négociables de la réforme des régimes spéciaux, le gouvernement renvoyant des points spécifiques aux négociations d'entreprise.

Dans l'espoir "d'accélérer la sortie du conflit", la SNCF a envoyé vendredi soir aux organisations syndicales un document proposant l'ouverture dès mercredi de négociations sur le régime spécial de retraite, sous forme de huit tables rondes en présence d'un représentant de l'Etat, dont deux conclusives les 10 et 12 décembre, en présence d'un représentant de l'Etat.

Plusieurs thèmes pourraient être abordés: mesures salariales et dispositifs d'accompagnement de fin de carrière, complément retraite, adaptation des règles du régime spécial, avantages familiaux et conjugaux, prévoyance, etc.

A la SNCF, la quasi-totalité des assemblées générales ont reconduit vendredi la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite jusqu'à samedi. Seule, la CFDT cheminots, quatrième syndicat de l'entreprise, a proposé sa "suspension".

Deux syndicats de cheminots, Unsa et FO, ont  par ailleurs indiqué samedi qu'il n'y avait "rien de nouveau" dans le document de méthode que leur a remis vendredi soir la SNCF, réitérant leur appel à poursuivre le mouvement.

"Il n'y a absolument aucun geste par rapport aux courriers que nous avions eus soit de la direction des ressources humaines soit de la présidente (Anne-Marie Idrac), courriers qui n'avaient pas empêché le mouvement", a réagi samedi sur France Inter Jean-Daniel Bigarne, secrétaire général de l'Unsa-Cheminots, troisième syndicat de la SNCF. "Ce matin, nous allons contacter le ministère du travail pour exprimer notre désapprobation et demander que ce document fasse l'objet de modifications substantielles de façon à ce qu'on puisse lever l'action de grève", a-t-il poursuivi.

"A partir du moment où il n'y a pas d'avancée significative, nous préconisons la reconduite (du mouvement) dans les assemblées générales et au bout du bout ce sont toujours les cheminots qui décident", a conclu le responsable syndical.

Pour Eric Falempin, secrétaire général de FO-Cheminots, sixième organisation syndicale de la SNCF, qui dénonce "une provocation", "il n'y a rien de plus et on s'attendait forcément à bien autre chose pour enfin pouvoir discuter sereinement de la réforme des retraites".

"C'est une tentative de communication pour dire +on continue de faire des propositions aux organisations syndicales+ alors que rien n'évolue de la part de la direction et (...) de la part du gouvernement, car je n'ose croire qu'il n'y a pas eu un minimum de consultations sur ce sujet", a-t-il affirmé à l'AFP.

"La réaction des assemblées générales va être catastrophique", a prédit le responsable syndical, ajoutant que "les trois quarts des assemblées générales avaient reconduit le mouvement jusqu'à lundi", celles du week-end étant plutôt "des rassemblements d'information".