Régimes spéciaux de retraites: le mouvement se poursuit samedi

SOCIAL Malgré une mobilisation moindre, les assemblées générales de la RATP et de la SNCF se sont prononcées...

C.C avec AFP

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AFPTV

La grève dans les transports, débutée le 13 novembre, devrait se prolonger samedi alors que se profile un mouvement des fonctionnaires pour mardi.

A la SNCF, un syndicat arrête la grève

Pourtant, alors que l’on croyait les négociations au point mort, vendredi, il a semblé qu’elles avaient repris, au moins à la SNCF. La CFDT cheminots, 4e syndicat de la SNCF, a en effet annoncé qu’elle «suspendait son mouvement» de grève contre la réforme des régimes spéciaux. Ce qui n’a pas empêché des assemblées générales de reconduire la grève de 24 heures, conformément à ce qu'avaient demandé sept syndicats la veille.

Puis, dans la soirée, la direction de la SNCF a annoncé qu’elle allait présenter aux organisations syndicales de l’entreprise un projet de «document de méthode» en vue de la négociation d’entreprise sur l’évolution du régime spécial de retraites. Une façon de répondre aux demandes des syndicats formulées la veille. Samedi matin, premières réactions des syndicats. Pour Sud-Rail, qui déclare ne pas avoir reçu le document mais en avoir pris connaissance, il n'est pas question de «négocier l'application de la réforme».

«Alors que les cheminots ne veulent pas de l'allongement de la durée de cotisation, des décotes, de la désindexation des pensions (...) aucun syndicat ne peut accepter d'aller négocier la mise en oeuvre de ces principes», souligne le deuxième syndicat de la SNCF dans un communiqué.

«Aucun geste»

Pour l'Unsa et FO, il n'y a «rien de nouveau» dans le document de méthode que leur a remis vendredi soir la SNCF. Les deux organisations ont réitéré leur appel à poursuivre le mouvement. «Il n'y a absolument aucun geste par rapport aux courriers que nous avions eus soit de la direction des ressources humaines soit de la présidente (Anne-Marie Idrac), courriers qui n'avaient pas empêché le mouvement», a réagi samedi sur France Inter Jean-Daniel Bigarne, secrétaire général de l'Unsa-Cheminots, troisième syndicat de la SNCF.

Pour Eric Falempin, secrétaire général de FO-Cheminots, sixième organisation syndicale de la SNCF, qui dénonce «une provocation», «il n'y a rien de plus et on s'attendait forcément à bien autre chose pour enfin pouvoir discuter sereinement de la réforme des retraites». «C'est une tentative de communication pour dire "on continue de faire des propositions aux organisations syndicales" alors que rien n'évolue de la part de la direction et (...) de la part du gouvernement, car je n'ose croire qu'il n'y a pas eu un minimum de consultations sur ce sujet», a-t-il affirmé à l'AFP. «La réaction des assemblées générales va être catastrophique», a prédit le responsable syndical, ajoutant que «les trois quarts des assemblées générales avaient reconduit le mouvement jusqu'à lundi», celles du week-end étant plutôt «des rassemblements d'information».

Réunions tripartites

Raymond Soubie, conseiller social de l'Elysée, a pour sa part affirmé samedi sur Europe 1 que le gouvernement ne mettait «absolument aucun préalable», alors qu'il était interrogé sur le nécessité ou non d'un appel à la fin des grèves pour engager des négociations dans les transports.

«Je rappelle que dans deux entreprises sur quatre, moins visibles mais très importantes, EDF et GDF, il n'y a plus de grévistes», a-t-il dit. «Les réunions tripartites (ndlr: entreprises, syndicats, Etat) vont donc pouvoir commencer. La situation est aujourd'hui réglée dans la moitié du secteur public. Ce qui montre bien que cette procédure mise en oeuvre a produit ses fruits et était efficace», a-t-il fait valoir.

A la SNCF et la RATP, «c'est plus difficile», a admis Raymond Soubie, mais «les entreprises sont prêtes à organiser les réunions tripartites. Il faut simplement qu'il y ait un geste de bonne volonté qui soit fait pour les millions d'usagers», a-t-il insisté.

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Le mouvement donnait vendredi, selon la direction, des signes d'essoufflement avec 32,2% d'agents en grève, contre 42,8% la veille et 61,5% mercredi. Cependant, le trafic national SNCF restera «perturbé» ce week-end et sera «très réduit» en Ile-de-France, a-t-elle indiqué. Et vendredi, en gare montparnasse, des agents SNCF distribuaient des tracts «information de trafic du 19 novembre», avec un trafic Transilien assuré uniquement aux heures de pointe et certaines lignes fermées, laissant présager que la grève était reconduite jusqu'à lundi.


A la RATP, on prolonge le mouvement

A la régie également, le mouvement a montré vendredi quelques signes d’essoufflement. Selon la direction, la grève était suivie par 23,3% des agents vendredi à la mi-journée contre 27,2% jeudi et 44% mercredi.

Néanmoins, les assemblées générales d'agents des métros, bus et RER de la RATP ont décidé elles aussi la reconduction de ce mouvement jusqu'à samedi, voire lundi.

Vendredi soir, la direction de la régie ne prévoyait guère d'amélioration du trafic samedi.

Dans l’énergie, on ne discute que salaires

Dans l'énergie, syndicats et patronat ont discuté des salaires vendredi, la CGT ayant refusé de participer à la réunion qui n'a pas abordé les retraites.

Nicolas Sarkozy, qui a rencontré les dirigeants des entreprises concernées par la réforme, a demandé à Xavier Bertrand de «poursuivre ses efforts» pour obtenir la reprise du travail à la SNCF et à la RATP «dans le respect du principe d'harmonisation» notamment de la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein, qui devrait être allongée à 40 ans.

Des associations proches de la droite appellent à manifester dimanche contre les grèves. L'UMP ne se joint pas à l’appel, officiellement.