L’Unef réclame une loi de programmation sur le budget des universités

EDUCATION L’organisation veut des garanties sur les cinq milliards d’euros promis...

C. F.

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La contestation étudiante de la loi Pécresse s'est accentuée jeudi perturbant une grosse quarantaine de sites universitaires, alors que le mouvement pourrait encore gagner en puissance avec l'appel de l'Unef à l'"amplifier".
La contestation étudiante de la loi Pécresse s'est accentuée jeudi perturbant une grosse quarantaine de sites universitaires, alors que le mouvement pourrait encore gagner en puissance avec l'appel de l'Unef à l'"amplifier". — Patrick Kovarik AFP

Alors que le budget 2008 de l'enseignement supérieur et de la recherche doit être voté ce vendredi à l'Assemblée, l’Unef dénonce l’adoption d’«un budget en trompe-l'œil», «très nettement insuffisant». Un rassemblement de 500 étudiants, selon le premier syndicat étudiant, s’est d’ailleurs tenu en début d’après-midi devant l’Assemblée, sur fond de mobilisation contre la loi sur l’autonomie des universités.

Rattrapage de crédits impayés

«En réalité, l'essentiel de ce milliard d'euros supplémentaires (les crédits annoncés pour l'enseignement supérieur sans compter la recherche, ndlr), c'est du rattrapage de crédits qui n'avaient pas été payés l'année précédente», a déclaré sur France Inter Bruno Julliard, président de l’Unef.

Jean-Baptiste Prévost, vice-président de l’organisation, précise pour 20Minutes.fr : «Sur les 1,8 million d’euros alloués à l’enseignement supérieur et la recherche, 450 millions sont des exonérations fiscales pour les entreprises qui accueillent des étudiants-chercheurs, 470 millions d’euros sont affectés à l’amélioration des carrières des personnels (cotisations retraites notamment), 390 millions des crédits en retard dans le cadre du contrat de plan Etat-région, et 329 millions d’euros sont affectés aux bâtiments (désamiantage de Jussieu, réfection du collège de France et de l’école de Chimie de Mulhouse notamment).»

«Restent 150 millions d’euros sur la table, dont 40 millions pour la réussite en licence et 50 pour le système d’aide sociale mais pas un centime affecté à la création de postes. C’est dire si on ne croit guère la promesse de Valérie Pécresse d’injecter cinq milliards en cinq ans dans l’université», explique Jean-Baptiste Prévost.

L’Unef demande des garanties financières

L’Unef demande ainsi une loi de programmation en marge de celle sur l’autonomie des universités, pour inscrire ces garanties financières dans le marbre. «Nous avons également demandé à la ministre jeudi un plan pluriannuel afin d’être sûrs que ces moyens soient en priorité affectés à la création de postes, à la réussite des étudiants en licence et à l’amélioration de la pédagogie, du parc informatique etc», précise le vice-président du syndicat. «Tant que nous n'avons pas d'engagements précis, nous appelons à poursuivre la mobilisation», a quant à lui répété Bruno Julliard ce vendredi matin. La principale crainte des étudiants grévistes est en effet que la loi Pécresse masque un désengagement progressif de l’Etat dans les universités.

Et aussi
Les revendications de l’Unef portent aussi sur la place des élus étudiants dans les conseils d’administration (trois à cinq selon la loi) et un recours limité aux emplois contractuels.
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